Et si nous avions raison ?

Lorsque je relis mes propos de janvier 2016 (« Je vous dédie cette unité »), je ne peux que constater que nos interrogations et inquiétudes de l'époque ne reposaient vraiment pas sur un excès de fantaisie. Il nous faut bien admettre que nous n'avions pas été épargnés par cette libre faculté de création à la DAP, cette originalité amusante un temps, mais très vite embarrassante pour ne pas dire gênante, incommodante et surtout déconcertante.

Là où les plus angéliques de la sphère pénitentiaire voyaient le signe d'une forme de renouveau ou de modernité, FO-Direction tirait le signal d'alarme contre un « antisécuritarisme » préjudiciable, tant la réorganisation de la direction de l'administration pénitentiaire prenait la voie du non-sens, au travers de l'exclusion de l’État-Major de Sécurité des sous-directions de la DAP.

Autre temps autres mœurs, l'Histoire étant souvent dépourvue d'imprévu, c'est avec une bienveillante surprise que nous accueillons aujourd'hui la création d'une cinquième sous-direction à la DAP, la sous-direction de la sécurité pénitentiaire. Je me souviens pourtant d'un temps pas très lointain où nous réclamions le maintien d'EMS et proposions la création d'une sous-direction de la probation… «Vous n'y pensez pas ! » disait la directrice de l'AP de l'époque, « nous n'avons pas les moyens de créer une cinquième sous-direction »… Fantaisiste dites-vous ?

« Un directeur, ça doit être sur le terrain pas en centrale ! » Autres gens autres mœurs, le discours qui arguait hier le fait qu'il y avait trop de DSP à la DAP semblant à ce jour désuet, une cinquième sous-direction ne serait donc plus un objectif inatteignable. Certes. Si l'expertise des directrices et directeurs des services pénitentiaires reste le bon curseur, il nous sera important de nous assurer que les emplois créés par ricochet, ne viennent pas dégarnir encore un peu plus les services déconcentrés: nous avions demandé 50 postes de plus dès l'année 2015.

Renseignement pénitentiaire : "Tout est à faire" selon le Ministre

Place VendomeD'abord, Président de la Commission des Lois relative au Renseignement, aujourd'hui Garde des Sceaux, Jean-Jacques URVOAS connaît parfaitement le sujet.

Si nous louons l'opiniâtreté du ministre à faire évoluer le sujet en ce qui concerne l'Administration Pénitentiaire, les raccourcis sémantiques ne reflètent pas toujours la réalité des structures, des organisations et de leur efficience, telle qu'elle lui est présentée.

Dans le communiqué repris par l'AFP le 01 juin 2016, le ministre s'étonne des atermoiements et du peu de valeur ajoutée du dispositif de renseignement pénitentiaire actuel.

Lui cacherait-on des choses ? Dans quel but ?

La détention au régime

MillénaireLe 4 mars 2016, lors d'une réunion sur les régimes de détention, présidée par Mme GORCE, Directrice, accompagnée de MM. CLEMENT-PETREMAN, LE ROY et MOSSER et à laquelle participaient les organisations syndicales, FO-Direction a souhaité rappeler la position des DSP.

La Sous-direction des Missions, pourtant concernée, n'était pas représentée.

Dans le relevé de conclusions des discussions entre le ministère de la Justice et les organisations syndicales du 14 décembre 2015, le point 5 concerne « l'organisation du service public pénitentiaire ». Dans son volet « autorité en détention et sécurité », il est question des régimes de détention.

Dans une Note du 19 février 2016, la Directrice de l'Administration Pénitentiaire sollicitait les Directeurs Interrégionaux pour que soient conduites des « réflexions avec les représentants régionaux du personnel et capitalisées au niveau central à l'occasion d'une convention nationale qui se tiendrait la 1éresemaine de juillet 2016 ».

L'architecture de ces réflexions repose sur le rapport de Bruno CLEMENT-PETREMAN, chargé d'établir les lignes directrices relatives aux régimes de détention.

Si le contexte de changement de ministre de la Justice semble plutôt favorable à l'esprit constructif ambiant, il conviendra de ne pas rater le virage amorcé et de s'assurer que l'ensemble de la communauté pénitentiaire soit bien sur la même ligne de conduite.

Selon la DAP, il s'agit aujourd'hui de reprendre en main la détention en favorisant l'évolution positive des personnes incarcérées et (de tenter) de prévenir la récidive. L'Administration Pénitentiaire doit inciter le détenu à changer. Pour ce faire, la prison doit être clivante, soit ouverte, soit contrôlée… Ainsi, l'administration propose de réduire à deux le nombre de régimes possibles.

Le fâcheux constat des régimes différenciés laissant entrevoir des failles sur les objectifs attendus, insécurité dans les régimes de confiance, détenus vulnérables maintenus en régime contrôlé, il convenait de redéfinir les modalités de gestion en repositionnant les personnels au centre de la  prise en charge au sein des différents dispositifs. La DAP évoque par ailleurs l'idée de donner une identité plus forte aux établissements en se posant la question de la prise en charge proposée.

FO-Direction salue le courage de l'entreprise et demeure disposé à accompagner la dynamique, mais rappelle que cette volonté affichée ne pourra suffire à satisfaire l'auditoire.


De nombreuses expérimentations ont montré qu'il était possible d’innover. Mais ces innovations concernent en priorité les centres de détention ou quartiers de même nature. La question des Maisons Centrales et surtout des Maisons d'Arrêt demeure sans réponse.

FO-Direction insiste sur le fait que toute amélioration de la prise en charge des publics détenus ne pourra se faire que si les orientations récentes en terme de places de détention se traduisent dans les faits, au regard du nombre de personnes condamnées actuellement maintenues en Maison d'Arrêt.

Nous avons insisté sur la nécessité de simplifier les modalités d'affectation des condamnés en établissement pour peine. Aujourd'hui, l'application à la lettre de l'art D 77 du CPP est un véritable frein à la rationalisation de la prise en charge et favorise la sur-occupation des Maisons d'Arrêt. Il est grand temps de relativiser le principe intangible du maintien des liens familiaux qui, dans bien des cas, peut s'avérer nuisible.

En ce qui concerne la concentration de la prise en charge sur deux régimes opposés (contrôlé ou respect), FO-Direction rappelle que le rapport de B. CLEMENT-PETREMAN évoque la mise en œuvre d'une zone tampon. En tout état de cause, il semble difficile d'établir la quotité entre ces deux régimes. Cette donnée demeure pourtant incontournable pour organiser une détention.

Le régime de respect étant établi sur une forme de réciprocité d'engagement, ce dernier doit s'inscrire dans une véritable dynamique de gestion et de restauration de l'autorité du personnel. Il ne doit pas se traduire par les références au « Club Med » récemment évoquées sur l'application « Périscope ». Le passage du régime contrôlé au régime de confiance ne peut être une fin en soi et le schéma inverse doit également être facilité. Un cadre réglementaire s'impose aussi.

La révision de notre procédure disciplinaire doit dans ce cadre également être une priorité. Si les mesures de bon ordre ont pu être instaurées pour les publics mineurs, le cadre disciplinaire des adultes manque de souplesse en terme de flexibilité dans l'appréciation de la sanction ou de la réparation du préjudice causé à la collectivité.

Il est grand temps d'arrêter d'implorer la population pénale pour qu'elle accepte de s'inscrire dans les dispositifs adaptés à leurs problématiques. Le régime de respect ne doit pas être uniquement le reflet d'un comportement calme et dépourvu d'agressivité envers le personnel. Il doit aussi être la contrepartie d'un engagement actif et de préparation responsable à la réinsertion.

Nous préférons du reste la formule « module de responsabilité » globale, à celle de « module de respect » nécessairement contenue, en cours d'expérimentation.

Toute cette belle mécanique ne pourra malheureusement pas aboutir si, au-delà même de nos attentes en termes de capacité d'accueil, le positionnement du personnel de surveillance n'est pas réévalué dans des délais les plus brefs.

Nos dispositifs de prise en charge reposent sur une implication forte du personnel de surveillance en terme d'accompagnement et d'observation. Là encore, les différentes expérimentations ont démontré leur bien fondé. Or, combien d'établissements se passent aujourd'hui de l'expertise de leur personnel en CPU ou autre instance favorisant l'individualisation de la prise en charge en détention, par manque d'effectif ! Nous évoquions il y a quelques temps, les injonctions contradictoires. Nous en trouvons là encore un prégnant exemple.


Par ailleurs, si la question de l'organisation du travail des agents reste au cœur de la réflexion, il convient, dans le dispositif sus-évoqué, de favoriser la fidélisation des personnels sur des secteurs d'hébergement, y compris et a fortiori, sur les zones contrôlées ! La question de la dévalorisation des conditions de travail dans les zones contrôlées où le public est par définition plus difficile, est centrale, et nécessitera toute notre vigilance.

La réflexion actuellement engagée à propos des régimes de détention pourrait générer une véritable dynamique positive. FO-Direction contribuera à cette initiative et mettra tout en œuvre pour concrétiser cette volonté qui semble commune et plutôt consensuelle pour changer les représentations et donner une autre dimension à la case Prison. Il ne s'agit donc pas d'une problématique Mi … traitée par Me, sauf si l'objectif consiste seulement à vouloir conduire une réflexion sur l'organisation du service en détention et les pratiques professionnelles.

Selon la DAP, nous disposons de tous les outils pour ce faire.

Pourquoi ne l'avons-nous encore pas fait ?

Probablement parce que le courage des mots est rarement celui des actes.


FO-Direction

Je vous dédie cette unité

Jimmy DELLISTE sur Canal PlusSi les plus optimistes d'entre nous trouveront la période empreinte d'espoir, beaucoup considèreront aussi que la nouvelle Année n'est en réalité rien d'autre que la continuité du temps qui s'écoule. Il nous faut bien admettre que les difficultés ne viennent malheureusement pas s'échouer sur le pont du nouvel An. Elles perdurent quoi qu'il en soit si elles ne sont pas appréhendées à leur juste mesure.

2015 s'est achevée dans la douleur. Elle restera sans nul doute comme une année de référence et de prise de conscience car il faut bien l'admettre, plus rien ne sera jamais comme avant.

Lorsque je relis nos multiples contributions, je ne peux que déplorer cette volonté farouche de battre en brèche et de banaliser la parole des DSP que je représente.

La comédie avait débuté rappelons-nous avec la conférence de consensus. Notre organisation avait largement exprimé auprès de la Ministre de la Justice sa désapprobation sur la méthode employée à l'époque, au détriment des difficultés de nos détentions. On préféra ne pas écouter les professionnels de terrain et se maintenir dans le dogme de la bien-pensance. Force est de constater à la lecture des
chiffres hebdomadaires de sur-occupation de nos Maisons d'Arrêt, que le choix était probablement pertinent ... mais alors certainement dans un futur très très lointain. "La prison favorise la récidive" nous disait-on. Alors de deux choses l'une : soit la lutte contre la récidive n'est pas la priorité de la magistrature, soit la contrainte pénale et la libération sous contrainte ne sont pas (encore) les solutions idoines à notre surpopulation carcérale.

Malheureusement, les séismes se sont succédés avec rappelons-nous, l'évasion spectaculaire de Faïd Redouane à Lille-Sequedin mais aussi avec tristesse et horreur, avec les actes de terrorisme en France et en Belgique, actes dont les auteurs sont connus des services pénitentiaires.

Plan de sécurisation des établissements pénitentiaires, Plan de lutte antiterroriste 1, plan de lutte antiterroriste 2. Les crédits et les réponses institutionnelles s'imposent finalement une fois de plus et comme toujours en réaction aux événements. Une fois encore, on multipliera les groupes de travail et les missions parlementaires où chaque décideur viendra tenter de chercher l'écho de sa propre vérité.

On se souvient toutes et tous de la polémique engagée autour de la création de l'Unité Dédiée mise en place fin 2014 par la direction du CP de Fresnes. Cette unité créée en vue de lutter contre le prosélytisme à l'initiative du chef d'établissement s'est d'abord vu affublée de tous les maux pour finalement servir de bouée de sauvetage place Vendôme. Toutes les autorités administratives, judiciaires et indépendantes, viendront s'interroger sur la pertinence de cette initiative jugée de façon péremptoire, trop artisanale.

Aujourd'hui, un des sujets prégnants de ce début d'année concerne pourtant l'ouverture politique et médiatique de 5 unités dédiées dans 4 établissements. 2 unités d'évaluation et 3 unités de prise en charge. Les artisans Fresnois avaient peut-être vu juste, finalement.

Si FO-Direction salue l'initiative, nous demeurons sensiblement circonspects devant l'empressement de faire, pour montrer que l'on a fait. Nous ne pouvons nous inscrire dans ce principe d'affichage alors même que nous savons que certaines de ces unités ne seront dans un premier temps que des coquilles vides de sens, et surtout de personnels volontaires et formés.

Sans sous-estimer l'engagement de la DAP sur cette problématique d'endoctrinement, nous sommes relativement perplexes sur l'ouverture de ces structures alors même que les effectifs globaux de ces établissements sont encore extrêmement problématiques. Nous pourrions faire le même parallèle avec la création progressive des ELAC alors même que les effectifs de référence avant création ne sont
même pas atteints.

Quelques questions subsistent quant à l'angle d'attaque de la prise en charge des publics radicalisés ou en voie de se radicaliser. Celle-ci nécessite à tout le moins d'être coordonnée par du personnel formé et qui ne saurait s'inscrire dans le jugement. L'approche par la lutte contre les comportements violents serait par ailleurs une erreur au regard des connaissances actuelles des comportements extrémistes radicaux et de l'attitude des auteurs. L'état d'urgence dans lequel nous nous trouvons actuellement doit nous donner la force de faire les choix qui s'imposent.

Il est grand temps que le pragmatisme l'emporte sur le dogmatisme tant apprécié par quelques-uns. Dans le cadre de son projet de doctrine de prise en charge des personnes détenues en unité dédiée, la volonté affichée est de rendre obligatoire l'inscription au programme de dé-radicalisation des personnes détenues concernées. C'est très courageux et plutôt adapté. Mais sur quelle base légale
tout ceci va-t-il reposer ? Si l'idée est de s'appuyer sur des modalités de prise en charge de nos publics à l'instar de ce qui ce passe dans les prisons anglo-saxonnes où chaque détenu est obligatoirement inscrit dans un programme adapté à sa problématique criminelle ou délictuelle, ne nous privons pas de le faire en France en modifiant notre code pénal. FO-Direction s'est également déjà positionné sur ce
thème.

Dans les jours qui viennent, nous allons participer à la rédaction de notre prochain statut. FO-Direction sera extrêmement vigilant. Nous n'accepterons pas que celui-ci vienne une nouvelle fois duper le corps et laisser pour compte certains d'entre nous. Si cette évolution tend à tirer le corps d'encadrement supérieur de l'administration pénitentiaire vers le positionnement statutaire qui doit être le sien, nous ne nous laisserons pas emmener dans une nouvelle impasse.

Nous ne céderons pas aux annonces renouvelées de la banalisation des organisations syndicales (fussent-elles de DSP) dans les différentes instances telles que les CAP ou Comités Techniques.

Nous resterons par ailleurs attentifs à la prise en considération des problématiques de mobilité du corps. La charte de mobilité voulue par la DAP devra être le reflet de l'ensemble de ces problématiques.

Vous pourrez une fois de plus compter sur notre engagement et sur notre volonté de transparence par tous les moyens modernes mis à notre disposition.

Je tiens en ce début d'année 2016 à rendre hommage à l'ensemble du personnel pénitentiaire sans qui notre institution ne serait que l'ombre d'elle-même et salue l'implication et la fierté de servir l'Institution de toutes les directrices et directeurs des services pénitentiaires.

Jimmy DELLISTE
Secrétaire Général
Syndicat National Pénitentiaire FORCE OUVRIERE-Direction

La reconnaissance de l'Etat...

Drapeau FrançaisLe monde pénitentiaire vient de frapper un grand coup. Les bottages en touche de la Chancellerie se sont finalement traduits par des remises en jeu de Matignon et des transformations par l'Elysée.

Il aura donc une nouvelle fois fallu les menaces de faire mal de la part de la France pénitentiaire, pour que la République remette des moyens dans les services de son administration.

Montre-moi ton pouvoir de nuisance et je te récompenserai à ta juste valeur.

Des annonces viennent d'être faites. Des engagements semblent avoir été pris. Tant mieux diront les plus optimistes.

Une fois de plus, l'Administration Pénitentiaire obtient des moyens dans un contexte de détermination revendicative aiguë. Dont acte…

Nous aurions pu croire que les alertes lancées depuis plusieurs années maintenant par les directeurs des services pénitentiaires auraient pu avoir le retentissement nécessaire à cette prise de conscience. Mais que nenni, il aura encore fallu l'opposition frontale pour se faire entendre !

Si la politique du dialogue social est un des chevaux de bataille de nos gouvernants, sa traduction sur le terrain demeure souvent formelle et totalement dénuée de volonté. Faire parce qu'il faut faire, se réunir parce qu'il faut se réunir n'a jamais mené bien loin… Quand bien même la photographie de la représentativité syndicale pénitentiaire déplairait, elle n'est que le reflet des vides laissés par une profession à l'agonie.

Pire : « un syndicat de cadres supérieurs a-t-il sa place au sein d'une administration comme la nôtre ? » murmure-t-on dans les couloirs des cabinets de la République. Bel hommage !…

L'échelonnement irrépressible et sans réelle perspective à long terme des réformes mises en œuvre depuis plus de 15 ans, parfois (souvent ?) puisées au creux de l'incident médiatique sans plus de recul sur la méthode ou l'opportunité et le format des moyens alloués, provoquent l'indignation : les Directeurs des Services Pénitentiaires la font désormais remonter.

Répondant toujours présents à l'appel de la Nation ou de l'administration qui sait pouvoir compter sur eux dans le quotidien ou dans la crise, ces « agents très spéciaux » ont le respect de la fonction qu'ils exercent et des missions qui leur sont dévolues. Au détriment très fréquent de leur vie personnelle (familiale, parentale, sociale, financière), au gré de leurs affectations rapides et successives (rappelons que la moyenne de rotation d'un DSP en poste avoisine les 3 ans).

→ Et l'administration leur rend bien cet engagement total, non ? :

• Un statut en attente de transformation depuis 2007 (le « demi-statut » d'alors étant finalisé dans « la législature », soit en 2012 au plus tard). Les annonces ministérielles se sont succédées dans le brouillard alors que la lettre de mission de Mme TAUBIRA adressée à la DAP prévoyait d'aboutir à l'acquisition du A+ dans les mois suivants, « publié et signé » ! Notre hiérarchie nous avait annoncé avoir perdu le dossier statutaire entre le Cabinet de la GDS, la DGAFP et la DAP 3 fois d'affilée entre 2010 et 2012. La réforme statutaire qui semble aujourd'hui actée et arrachée contre vents et marées selon notre DAP pourrait aboutir à la rentrée 2016. FO-Direction attend désormais la communication d'un calendrier très précis, d'une proposition de texte statutaire dès janvier 2016. C'est une question de réelle volonté administrative et politique que doit porter la DAP.

• Une prime unique et invariable (IFO) qui frôle les 1,12 de moyenne de modulation depuis sa création. Quelle mauvaise surprise nous réserve alors le RIFSEEP alors que nous déplorons une exploitation minimaliste des possibilités de modulation au mérite ?

En 2009, le Directeur de l'administration pénitentiaire annonçait fièrement dans un courrier les "avancées notables en matière de régime indemnitaire" qui ont accompagné la réforme statutaire des DSP [de 2007] ainsi que la "mise en place d'un régime indemnitaire digne des responsabilités qui [nous] incombent...". Quel gag ! Depuis 2009 et selon les propos de ce DAP, "Cette revalorisation [de l'IFO] constitue un signe fort de reconnaissance du poids très important de vos responsabilités". En moyenne, les DSP de classe normale ont touché entre 30 et 50 euros par mois en plus. Réforme d'envergure, reconnaissance des efforts, en effet !

Au regard des régimes extrêmement différents dont bénéficient les cadres de notre ministère (Attaché d'Administration du Ministère de la Justice, Directeurs de la PJJ…), à compétences au moins égales et à responsabilités disproportionnées (peut-on comparer un Directeur PJJ en foyer accompagnant une vingtaine de jeunes avec 10 éducateurs en face d'un DSP avec 600 détenus et 200 personnels ?), ces mêmes collègues de la PJJ bénéficient d'un régime indemnitaire valorisé comparé au nôtre : 5100 euros de prime fixe + 3400 euros de prime variable pour un DPJJ Classe normale.

Alors que la dernière circulaire indemnitaire balaye d'un revers de main des engagements pris auprès de nombreux collègues DSP en DI sur l'autel de l'absence de base légale, des primes d'un volume doublé sont décidées par l'AP pour des cadres de corps différents sur des postes identiques (chef de département en DISP pour les attachés : plus de 6000 euros ; le même poste pour un DSP : 3900). NBI cumulée avec l'IFO pour les DPIP. Le fautif désigné par la Chancellerie semble être toujours Bercy alors que les arbitrages dépendent du ministère ou de la DAP.

Notre indemnitaire se décline aujourd'hui par un coefficient de 0 à 4 ou de 0 à 8 (et pas de 1 à 4 ou 8, comme les officiers). Pourquoi se cantonner à 1,12 % en moyenne depuis 2009 ? Notre taux de prime par rapport au traitement brut est l'un des plus bas des corps de la haute fonction publique.

• Une Indemnité de Sujétions Spéciales ridicule de 21% (la plus basse de l'AP pour les sujétions les plus fortes et des risques parfois identiques). Au moment où les personnels de surveillance viennent légitimement et avec notre appui de voir leur PSS remonter à 25% (puis 26% en 2017), que les PA et PT dont la PSS est déjà à 23% va aussi augmenter d'un point, qu'en sera-t-il des seuls DSP oubliés ? Les autres catégories vont-elles assumer des présidences de commission de discipline, être d'astreinte 24/24h, assumer des obligations statutaires de mobilité uniques dans l'AP... ? Quelles sujétions n'avons-nous pas pour être évincés de ces avancées sociales ? Ne subissons-nous pas des menaces de mort ou d'agression ?
→ Un équilibrage de la PSS à 24% pour les DSP semble à tout le moins légitime.

• Un logement de fonction traîné comme un boulet au pied et que l'on nous jette au visage comme l'avantage ultime du cadre supérieur de l'AP. Connaissez-vous le statut des commissaires de police et leurs primes ? Un DSP avec 10 ans d'expérience gagnera près de 2700 euros (toutes primes comprises lissées sur l'année). Un commissaire en touchera le double à ancienneté égale. Oui, le double !!! A ce prix là, le logement de fonction gracieusement imposé aux DSP est largement amorti, même à Paris.

 

Se moquera-t-on ouvertement de nous une fois de plus pour nous demander ensuite d'éteindre l'incendie des agressions de personnels, du non-paiement des heures supplémentaires, de la contraction budgétaire, de la mise en place des projets innovants ou problématiques (réforme pénale, LSC, ouvertures de nouvelles structures, passage à GENESIS, élections professionnelles, labellisation M3P des QI/QD, apaisement du dialogue social...) ?

La considération que l'AP et la Chancellerie portent au seul corps d'encadrement supérieur qui a épaulé et accompagné toutes les réformes fondamentales successives de l'Administration Pénitentiaire des 20 dernières années se mesure :

  • à l'absence de création d'emplois de DSP pour combler les vacances ;
  • au rythme des réunions annulées ou reportées avec les représentants syndicaux ;
  • à l'immobilisme relatif au protocole A + (depuis maintenant 8 ans) ;
  • à l'insuffisante consultation des professionnels d'encadrement du terrain sur les projets de fond et d'ampleur que NOUS aurons à faire appliquer en dernier ressort et à l'absence de mise en valeur du seul corps d'encadrement supérieur ayant vocation à exercer son autorité sur l'ensemble des personnels pénitentiaires de l'Administration Pénitentiaire ;
  • enfin, à la valeur dérisoire accordée au volet indemnitaire au regard des contraintes nombreuses et assumées pleinement, du métier de DSP, notamment en établissement pénitentiaire.


Les DSP sont encore pétris de la notion d'un service public qu'ils ont à cœur de voir progresser au gré de leur idéal. Pourtant, les plus jeunes de nos collègues voient aujourd'hui leur carrière se développer dans l'unique espoir de partir et non plus d'évoluer en interne, devant l'indigence des conditions de travail et de reconnaissance.

Qui dénoncera enfin l'hémorragie d'un corps qui ne respire plus et d'une génération qui fuit son corps ? Ce n'est pas sain, c'est suicidaire ! La DAP n'entend pas cela.

Nos conditions réelles de travail sont-elles connues ?

Il paraît primordial de mettre en avant la nécessaire et impérieuse efficience des personnels pénitentiaires, au premier chef des DSP pour TENIR les établissements pénitentiaires et pour éviter qu'ils n'explosent. La prise en compte de nos revendications ne relève pas de confort mais de survie du corps et de notre institution.

 

FO-Direction

Une mobilisation légitime...

FO DirectionLe Bureau National de FO-Direction souhaite prendre position suite à la mobilisation de l'Unité Syndicale des personnels de surveillance et des personnels administratifs. En effet, aucun DSP ne peut rester indifférent à l'alerte lancée par ses personnels d’autant qu’il les accompagne quotidiennement dans les méandres d'un travail difficile et exigeant.

FO-Direction partage les revendications de l'unité syndicale, et tient à souligner leur véracité et leur justesse. Les soutenir dans cette démarche de communication de leurs difficultés et leurs besoins semble d'autant plus nécessaire que les DSP les considèrent légitimes.

Dans ce cadre, FO-Direction s'associera au boycott des instances de concertation : CTM, CTAP, CA de l'ENAP.

FO-Direction manifeste, par ce geste symbolique, son attachement aux valeurs portées par Force Ouvrière, et la solidarité dont doivent savoir faire preuve les différentes entités en son sein, lorsque les circonstances l'exigent.

FO-Direction sera néanmoins présent à toutes les rencontres autour des thématiques liées à la sécurité nationale, à la lutte contre la radicalisation, aux avancées du statut des DSP, et continuera à représenter ses adhérents et à défendre les mérites de chacun lors des CAP de mobilité. La solidarité avec les uns ne se fera pas au détriment des autres, et la voix des prisons et de ses cadres doit continuer à résonner dans les enceintes, sans quoi le contact de nos décideurs avec nos réalités s'émoussera jusqu'à disparaître.

FO-Direction souhaite, par ailleurs, continuer à faire entendre la voix des DSP dans le débat public, par l'intermédiaire de la presse et des médias. De nombreux débats d'aujourd'hui dessinent l'avenir de nos métiers : les surveillants doivent-ils être armés sur la voie publique ? La privation de liberté suffit-elle à la prison ? Les activités sont-elles le seul horizon des personnes détenues ? Les terroristes doivent-ils être rassemblés au sein de quartiers dédiés ou séparés et isolés ? Les permissions de sortir impliquent-elles de nouvelles restrictions ? Autant de vrais sujets qui dépendent directement des moyens obtenus.

FO-Direction doit répondre de la meilleure façon qui soit aux défis plus que jamais posés par notre temps. Nous continuerons à réfléchir, débattre, à nous interroger.

L'Unité Nationale s’impose, après les attentats, pour préserver la sécurité de tous, mais également pour construire la prison de demain.

 

Le Bureau National FO-Direction

"Vous êtes des administrateurs pénitentiaires !'

Minsitère de la JusticeDans la continuité de l’audience avec la Directrice de l'Administration Pénitentiaire, une délégation FO-Direction composée de Jimmy DELLISTE, Bernard LEVY, Ivan GOMBERT et Lucie COMMEUREUC, a été reçue par le Directeur de Cabinet de la Garde des Sceaux, le jeudi 17 septembre 2015.

Après une évocation du contexte dans lequel nous évoluons quotidiennement, nous avons rappelé les attentes croissantes du corps des Directeurs des services pénitentiaires. Celles-ci imposent la reconnaissance de nos missions et de nos fonctions.

Surcharge de travail impliquant création de postes et départs massifs nécessitant l’aboutissement rapide de la réforme statutaire afin de renforcer l’attrait de nos fonctions, ont constitué le cœur des échanges.

Interpellé par la lenteur dans l’avancement de la réforme statutaire, le Directeur de Cabinet a pris connaissance de l’historique de la réforme. Convaincu de la nécessité de la finalisation du statut, M. CHRISTNACHT s’est cependant interrogé sur les raisons du coup d’arrêt qui avait été porté à l’avancement des travaux au cours de l’été 2013.

Nous avons rappelé d’une part notre position sur la fusion des corps, qui loin d’être un mépris des autres corps est un respect des spécificités de chacun, et d’autre part notre souhait de sortir du cercle vicieux actuel des départs pour entrer dans une « porosité positive » entre les corps, en favorisant les passerelles.

Le Directeur de Cabinet a indiqué qu’il ne saurait y avoir de réforme durable de la prison en tant qu’institution sans vision globale : la réforme statutaire des DSP fait partie d’un tout, de la politique immobilière à l’amélioration des conditions de travail des personnels, en passant par les droits des détenus. Le DSP n’est-il pas après tout le garant de l’Etat de droit des établissements pénitentiaires ! Il a par ailleurs été convaincu de la légitimité de notre réforme, nous qualifiant d'administrateurs pénitentiaires accomplissant des missions complexes de même nature que celles d'autres corps A+ (administrateur territorial, Sous-préfet).

Rendez-vous a été pris début octobre en vue de « combler ce retard historique » ! Le Directeur de Cabinet nous a par ailleurs indiqué qu’il reprendrait contact avec la conseillère Justice du premier Ministre pour provoquer si nécessaire une réunion interministérielle.

L’engagement a par ailleurs été pris de nous communiquer le projet travaillé par la DAP et la DGAFP. N’ayant pas été associés étroitement à ces discussions, nous ne validerons pas un projet qui ne correspond pas à nos demandes initiales. Ce n’est pas une réforme de forme, mais bien de fond que nous recherchons. Pas une réforme au rabais !

Nous ne pouvons que regretter que, de l’aveu de tous, l’obstacle à  l’aboutissement de notre statut ne soit pas de nature budgétaire ! Nous l’avions compris depuis longtemps ! Il est heureux de s’entendre enfin dire que les demandes reconventionnelles éventuelles des autres corps ne seront pas une raison suffisante de nous faire avancer.

En tout état de cause, s’il faut rappeler le caractère spécifique de nos missions, nous saurons le faire, quitte à se révéler plus indispensables qu’on ne pourrait le penser ….

FO-Direction

Les prisons explosent : les directeurs au bord de l'implosion !

FO DirectionLe mercredi 9 septembre 2015, un directeur de prison était encore victime d'une prise d'otage dans le cadre de ses fonctions.

Rien d'étonnant compte tenu du contexte carcéral actuel, unanimement partagé par tous les corps pénitentiaires sur le terrain : persistance de la surpopulation carcérale, augmentation des violences et de la commission de délits au sein des détentions, plan vigipirate renforcé, souffrance des personnels ...

Depuis des années, aucune solution politique et légale n'a permis d'y remédier, et ce sont uniquement les initiatives locales des établissements (ex. : quartier radicalisation du CP Fresnes) qui empêchent l'Institution de sombrer.

Les directeurs, tout comme les surveillants -qui s'apprêtent à engager un mouvement d'ampleur nationale- ne sont pas épargnés.

D'une part, ils ont vu leurs missions démultipliées : loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, réforme pénale Taubira, nouvel applicatif informatique inopérant, renseignement pénitentiaire, augmentation et complexité des incidents, perdition des greffes pénitentiaires, gestion de personnels fragilisés dans un contexte de pénurie généralisée ... Cela n'est possible que parce que les directeurs ne comptent pas leurs heures.

D'autre part, les directeurs sont de moins en moins nombreux pour les assumer, soit qu'ils soient intégrés dans d'autres administrations, soit par manque d'attractivité du poste (quasiment aucun détachement en provenance d'autres administrations), soit par recrutement par le biais du concours insuffisant .... De ce fait, environ 10% des postes sont découverts.

Les directeurs n'ont eu de cesse d'interpeller leur hiérarchie, sans effet. Au contraire, les directeurs connaissent une perte de leurs revenus et la dégradation de leurs conditions de travail, parfois même de leur sécurité.

Le temps de l'indifférence est révolu et il est urgent que l'Etat donne aux directeurs la reconnaissance qu'ils méritent.

Les directeurs demandent à nouveau, en urgence, le recrutement supplémentaire de 103 personnels de direction, 50 vacances de postes et 53 créations de postes, et l'aboutissement de la réforme statutaire promise, en conformité avec le droit européen.

Faute d'engagements écrits à très brève échéance, les directeurs rejoindront le mouvement national.

Le Bureau National FO-Direction

La DAP a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

Le Bureau National  FO-Direction, réuni les 12 et 13 mai 2015 à la Maison d’Arrêt des Hauts-de-Seine s’inquiète et souhaite alerter la Chancellerie sur les contours de la situation de l’administration pénitentiaire et s’assurer du contenu des orientations prises à la suite des événements dramatiques récents.

Si  la  conjoncture  particulière  a  permis  à  la  DAP  d’obtenir  le  financement  de  nombreux  axes d’actions, le quotidien de nos établissements demeure extrêmement tendu et ne permet aucune hésitation en terme de déploiement des mesures ambitieuses annoncées. Aussi, si ces mesures souvent sollicitées par FO-Direction ne peuvent que réjouir, la traduction de leur mise en œuvre ne pourra s’affranchir du principe de réalité.

1 - Recrutement du personnel de surveillance : Attention danger !

 

FO-Direction avait déjà alerté les services de l'Administration centrale sur le trop faible niveau de l'épreuve  écrite  d'admissibilité  du  concours  de  surveillant pénitentiaire,  analysée  par  un professionnel  de  l'Education  Nationale  comme  d'un  niveau  élémentaire  (CE2  à  CM2  de l'enseignement  primaire).  Rabaisser  à  ce  point  les  bases  théoriques  et  intellectuelles  d'une profession aussi exigeante et difficile que celle de surveillant pénitentiaire, dont les textes prévoient un niveau minimal brevet des collèges, c'est mésestimer un corps et répondre à des besoins de recrutement pressants par des solutions aussi inutiles, faciles que dangereuses.

Le niveau de recrutement doit être à la hauteur des missions demandées -complexes, armées, techniques- et toute concession à ce stade préliminaire ne peut être dénuée de conséquences.

A ce constat s'ajoute une mauvaise prévisibilité des effectifs, dénoncée dans le dernier rapport de la Cour  des  Comptes  du  22  décembre  2014.  Les  programmes  d'ouverture  de  nouveaux établissements, les créations de missions nouvelles -renseignement, équipe locale d'appui et de contrôle  (ELAC),  plateforme  régionale  extractions  judiciaires  (PREJ)-, les  vacances  de  postes, génèrent des urgences de recrutement et des promotions massives, dans lesquelles il est difficile d'imaginer comment la reconnaissance de qualités de mérite individuel supplanterait par magie les injonctions politiques. La prochaine promotion sera de plus de 800 élèves. Comment l'ENAP peut-elle  assurer une formation de qualité lorsque toutes les  étapes préalables d'anticipation et de sélection ont été ignorées ?

Le nombre d'incidents sérieux qui ponctuent l'actualité pénitentiaire -malgré le manque volontaire de visibilité institutionnelle- devrait agir comme une alerte. Prostitution. Trafics. Corruption. A ce jour, 33 agents font l'objet de décisions de suspension. 24 agents ont été radiés en 2014. Outre qu'ils abîment l'image et l'intégrité d'une institution et de tout un corps, qu'ils aiguisent un sentiment d'échec collectif, ils brisent aussi des existences individuelles, certes coupables de leurs intentions, mais aussi victimes d'un système prêt à sacrifier l'excellence sur l'autel de l'urgence. Sous le coup d'une menace terroriste réelle, et alors que la prison apparaît comme un bastion de la République et une cible symbolique convoitée, ce type d'événement est un véritable danger pour tous.

A ces problématiques majeures de ressources humaines,  FO-Direction préconise trois axes de réponses :
- planifier les effectifs prévisionnels en mettant en place des outils de prospection fiables et des instances de concertation entre l'ENAP, la DAP et les DISP.
- relever de manière forte le niveau des épreuves du concours de surveillant afin qu'il soit de niveau secondaire et adapté à la prison du XXIème siècle.
- lutter contre toute forme de trafic et de corruption en interne par le renforcement des procédures de renseignement en milieu pénitentiaire.

2 - Une gestion des ressources humaines en cale sèche

 

La politique de gestion des ressources humaines est au cœur des préoccupations majeures tant des directeurs des services pénitentiaires que des personnels placés sous leur autorité. La politique menée est nécessairement sensible.

La lettre de mission de la Directrice de l'Administration Pénitentiaire pour l’année 2015 vise trois objectifs prioritaires, à savoir l’accès à la formation des personnels, l’amélioration du dispositif de prévention en matière de santé et de sécurité au travail et l’évaluation de l’impact des cycles de travail sur la santé en vue de prévenir et de neutraliser les phénomènes d’usure et de pénibilité.

Afin  de  répondre  au  premier  objectif,  des  problématiques  majeures  freinent  voire  neutralisent l’ambition affichée : Les objectifs en terme d’heures supplémentaires et d’heures perdues, la baisse voire la suppression des budgets de remboursement de frais liés aux formations, les vacances de poste. Les injonctions contradictoires génèrent des incompréhensions, une démobilisation, et un management  compliqué  des  planificateurs  affectés  dans  nos  structures.  Il  importe  que  ces injonctions  contradictoires  soient  identifiées  et  résolues.  La  Direction  de  l’Administration Pénitentiaire doit impulser des évolutions. Les effets de la boule dynamique, le  paiement des pauses  méridiennes,  le  remplacement  des  personnels  en  détachement  permanent,  la comptabilisation des heures à l’occasion des détachements syndicaux pourraient faire l’objet d’une étude d’impact et être réévalués. Une nouvelle impulsion, avec l’expertise du bureau de SD2, est indispensable pour remobiliser, accompagner et atteindre des objectifs certes compréhensifs, mais difficilement intégrables, dans le contexte actuel.

En ce qui concerne le second objectif, le dispositif de prévention en matière de santé et de sécurité au  travail  reste  effectivement  peu  performant :  Absence  d’implication  des  responsables  des ressources humaines dans le recrutement des médecins de prévention, vacances de postes des médecins de prévention et des psychologues des personnels, durée d’instruction excessive des comités  médicaux  et  des  commissions  de  réforme,  maintien  des  personnels  sur  des  postes aménagés au-delà d’un an. Ces situations favorisent la stigmatisation des personnels en poste aménagé, accentuent l’usure des autres personnels et fragilisent nos structures.

3 - Le prochain marché de gestion déléguée : Evolution ou régression ?


La mise en œuvre du nouvel appel d’offre du marché de la gestion déléguée (GD) qui doit prendre effet à compter du 1er janvier 2016. Le nouveau marché va transférer de nouvelles charges de travail  à  l’AP.  Il  est,  par  conséquent,  indispensable  de  reconsidérer  les  organigrammes  des établissements concernés.

A titre d’exemple, la restitution de la gestion des télévisions et des réfrigérateurs à l’AP va conduire les structures en GD à décliner une procédure qui sera indéniablement chronophage, anachronique et consommatrice de personnel.

La restitution de la gestion des matelas va produire les mêmes effets.

Que  dire  de  la  suppression  de  la  distribution  des  repas  de  la  population  pénale  en  portions individuelles ?  Au  prétexte  de  faire  des  économies  d’échelle  sur  l’évacuation  des  déchets (barquettes), le retour à la louche disparue qui avait en son temps été regrettée par les plus gastronomes va inévitablement rallonger les temps de distribution, générer des incidents dans nos structures surpeuplées et surchargées et faire renaître les inégalités d’antan. Quel progrès !

L’intégration dans le marché de la rémunération à l’heure des personnes détenues classées au travail en atelier (Loi du 24 novembre 2009 pénitentiaire) fait considérablement baisser les objectifs assignés aux futurs prestataires et laisse présager, à l’instar d’autres pays européens, la disparition du  travail  du  paysage  pénitentiaire.  Cet  axe  est  complètement  contradictoire  avec  l’esprit  de l’obligation d’activité actuelle (5 heures par jour et par personne détenue).

La généralisation de la reprise par les conseils régionaux de la partie formation professionnelle, va conduire  les  établissements  en  GD à  généraliser  la  fonction  de  référent  local  formation professionnelle (RLFP)  qui encore une fois ne fait pas partie des effectifs de référence de ces structures. Quid du renfort des équipes ateliers travail formation(ATF).

4 - Gestion et congestion du corps des DSP


FO-Direction
déplore le retard constaté dans la finalisation du Statut du personnel de direction. Malgré  les  engagements  pris,  aucun  terme  n'est  encore  clairement  précisé  et  les  ambiguïtés demeurent.

Nos craintes déjà exprimées concernant la fusion des corps, souhaitée ouvertement par le SNDP-CFDT et encouragée en sous main par la DAP, ne sont pas démenties.

La perspective d'un Statut au rabais trouverait alors sa confirmation avec un blocage de la DGAFP sur des points essentiels de reconnaissance d'un Statut A+ pour les DSP.

Ceux-ci concernent :
- le pied de grille.
Nous réclamons le relèvement indiciaire des premiers échelons du grade de DSP.
- l'échelon sommital du 1er grade.
Nous revendiquons la création d'un échelon exceptionnel à l'indice 1015 (actuellement 966).
- l'assouplissement des conditions de promotion au grade de DSP Hors classe par la suppression du passage obligé dans certains emplois, véritable course d'obstacles sans pertinence.
- La linéarité d'accès aux échelons et indices HEA et HEB dans le grade de DSP Hors classe, marqueur identitaire du A+.
- l'accompagnement de la mobilité statutaire, si elle devait être maintenue dans un nouveau Statut revalorisé, à l'aune des conditions nouvelles d'attribution des logements de fonction.

FO-Direction dénonce les tentatives de lissage qui consistent à confier des emplois de directeurs fonctionnels des SP (Statut du 15 mai 2007) à des agents d'autres corps, sans détachement ou intégration dans le corps des DSP, seules voies d'accès réglementaires.

Ces  manœuvres  visent  à  contenir  notre  évolution  statutaire,  par  le  nivellement  des  corps  et l'interchangeabilité de leurs agents. Dans ces conditions, il est évident que les départs de l'AP vont se poursuivre, sans reconnaissance de nos compétences par notre tutelle.

Nous poursuivrons donc nos actions visant à faire reconnaître le personnel de direction comme le seul corps d'encadrement supérieur de l'Administration Pénitentiaire, dans le respect des missions de chaque filière et des attributions de chaque corps.

La volonté affichée de promouvoir un dialogue social de qualité et apaisé ne pourra trouver à s'exprimer dans des positions délibérément antagonistes et contraires à nos intérêts.

La CAP doit être un espace d'expression respectueux des partenaires sociaux et des collègues candidats à la mobilité. Il est de la responsabilité exclusive de l'Administration de se conformer à l'application des textes et procédures réglementaires qu'elle a elle-même édictés. Ce rappel est nécessaire, tandis que se dessine la consolidation d'une procédure discutable de mobilité, alors que l'expérimentation développée n'a pas été encore évaluée.  FO-Direction ne cautionnera pas les irrégularités de gestion de la DAP.

5 - Le Renseignement Pénitentiaire a-t-il un avenir ?


La  sécurité  et  le  renseignement  pénitentiaire  sont,  pour  FO-Direction,  au  cœur  des  métiers pénitentiaires, au même titre que l'insertion ou la prévention de la récidive.

Or, nous ne sentons aucun signe de soutien de la part de notre ministère de tutelle sur cette question essentielle. De nombreuses questions restent en suspens.

5-1. Les  officiers  du  renseignement :

La  création  des  postes  d'officier  du  renseignement pénitentiaire correspond à un véritable besoin de faire reconnaître le renseignement pénitentiaire dans les organigrammes de référence des établissements. Il importe toutefois que des précisions soient  apportées  quant  au  contenu  exact  de  leurs  missions.   Aujourd'hui,  le  renseignement pénitentiaire est effectué essentiellement par des personnels de détention ou des surveillants des services infrastructure.

Quid de l'articulation entre les personnels travaillant en sous main et les personnels dont les postes sont profilés et clairement identifiés ?

Quid des formations à dispenser pour analyser, et rechercher des informations ?

Quid de moyens techniques d'écoute en détention pouvant être mis en œuvre. ?

5-2.  Equipe locale d'appui et de contrôle (ELAC):

Cette création demandée par  FO-Direction est une véritable avancée pour la sécurisation des établissements. Nous sommes toutefois dans l'attente  de  la  doctrine  d'emploi  et  de  la  méthodologie  de  recrutement  de  ces  agents  (profil psychologique,  compétences  professionnelles,  formation).  Nous  attendons  toutefois  que  ces créations soient officiellement intégrées dans les organigrammes de référence de manière à garantir leur pérennisation dans le temps.

6 - Les Activités, talon d'Achille de la détention


La Garde des Sceaux s'est engagée à développer les activités en détention.   FO-Directiony est très favorable et les DSP en charge des politiques partenariales souhaitent participer activement et pleinement à cette mission. Toutefois, de manière à rendre cet engagement effectif, nous attirons l'attention sur les difficultés que les établissements pourront rencontrer. Soyons pragmatiques.

6-1.  Nos établissements pénitentiaires, et plus particulièrement les maisons d'arrêt et les centres pénitentiaires, n'ont pas été conçus pour développer des activités à destination des personnes détenues, avec un tel objectif, et dans un contexte de surpopulation. La plupart des établissements ne disposent pas de salles d'activités suffisantes pour atteindre un objectif minimum de 5 heures par semaine.

Pour cette raison, il nous paraît essentiel que les nouveaux programmes immobiliers prévoient systématiquement des salles d'activités en nombre suffisant et positionnées de telle manière à ce que les mouvements soient facilités. De même, nous souhaiterions que les critères de séparation notamment  entre  les  personnes  condamnées  et  les  personnes  prévenues  soit  questionnés (possibilité de placer dans une même activité des personnes détenues condamnées avec des personnes détenues prévenues multirécidivistes) de manière à faciliter les activités collectives. Certaines activités sont parfois annulées par manque de personnes détenues compatibles.

Pour ce qui est du parc ancien, un véritable programme d'investissement immobilier de nature à permettre aux établissements d'atteindre cet objectif de 5 heures semble s'imposer. A ce titre, et de manière à ne pas être accusé à tort de ne pas vouloir répondre aux objectifs fixés par la Garde des Sceaux, il nous paraît indispensable d'évaluer la capacité réelle des établissements en terme de salles d'activités (indicateur fondé notamment sur le nombre de salles, le nombre de salles utilisées, utilisables, la capacité des salles et le taux d'occupation des salles).

6-2.  Le chef d'établissement doit être moteur dans la politique menée en terme d'activité, dans sa structure. Les activités culturelles doivent relever de sa compétence, au même titre que les activités sportives, le travail, les formations, le culte. Les moyens financiers correspondants doivent ainsi être exclusivement concentrés sur le milieu fermé et non comme c'est parfois le cas, partagés avec le milieu ouvert au détriment des personnes détenues. La politique culturelle peut être un vrai levier de gestion pour les chefs d'établissement notamment en terme d'implication des personnels. Des surveillants  pénitentiaires  pourraient  ainsi  voir  leur  rôle  évoluer  notamment  dans  certains établissements pour peine avec une participation plus active dans la réinsertion des personnes détenues. Dans ce cadre, nous réclamons que les moyens humains et financiers relevant de cette mission soient redistribués au profit des activités de l'établissement.

7 - GENESIS : Au commencement était la fin ...


Alors qu'une quarantaine d'établissements pénitentiaires et une vingtaine de SPIP sont désormais soumis à l'application GENESIS, des remises en cause cruciales en terme d'efficacité et de contrôle doivent être entendues par les élites pénitentiaires et judiciaires.

Ce logiciel -imparfait, inachevé, inadapté- pose des difficultés insolubles à toutes les équipes. Les délais de saisie sont allongés. La nouvelle gestion des effectifs est inexistante dés lors que la validation  contradictoire  entre  le  greffe  et  la  détention  est  inopérante.  Les  comptabilités  n'y retrouvent pas des données indispensables à la gestion globale des actifs, comme les télévisions.

A l'heure où les établissements vont devoir reprendre une partie des missions du partenaire privé, GENESIS n'est pas en capacité de les intégrer. Pas de convocations de masse pour la gestion des rendez-vous : les concepteurs ont-ils simplement conscience du nombre de personnes détenues hébergées au sein des structures ? L'inscription individuelle est-elle une option sérieuse ?

Les greffes pénitentiaires, déjà aux commandes de la réforme pénale, confrontés à la rotation des personnels,  connaissent  avec  GENESIS  un  nouveau  cap  de  désespérance  :  des  saisies titanesques, des délais faux, des bugs de logiciel. Un mauvais motif d'écrou -liberté au lieu de retour évasion ou transfert par exemple- et cela devient impossible de ressaisir la situation pénale sur GENESIS. Il faut attendre un déblocage par l'Administration centrale. La sécurité juridique des situations pénales est en jeu et le risque de détention arbitraire devient le nouveau spectre des établissements, des Parquets et des Juges d'application des peines.

Les équipes parloirs sont dépitées quotidiennement par les blocages irrationnels de GENESIS qui privent certains détenus de leur droit au parloir. La détention n'est pas en reste : un appel entre deux étapes  lors  d´un  changement  de  cellule  et  la  personne  détenue  se  retrouve  bloquée irrémédiablement dans sa cellule d'origine. Il faut encore une fois un déblocage de l'Administration centrale.

GENESIS créé des problèmes nouveaux et aggrave les anciens sans jamais les résoudre ! Les équipes de terrain et les équipes DISP GENESIS se sentent bien seules face à cette Hydre de Lerne version 3.0. La machine bride et contrôle l'homme mais au final ce sont les professionnels qui rattrapent sans cesse les incohérences de la technique et s'épuisent à faire marcher un tentaculaire dispositif. Pourtant, à l'inutile nul ne devrait être tenu dans un contexte où chaque effort est assigné à un but précis et non négociable : trouver l'agent qui doit tenir un poste vacant ou une cellule pour y placer un énième détenu.

FO-Direction réclame dans les meilleurs délais :
- une évaluation de l'application GENESIS et de son efficacité à l'aube du déploiement de la 2ème vague.
- le traitement des arriérés des Tickets d'incident qui s'accumulent sans réponse et qui empêchent  de remplir les missions qui fondent la légitimité d'existence et d'action de l'AP.
- d'intégrer la dimension GENESIS dans toutes les nouvelles définitions d'objectifs pour l'avenir.
- de concevoir une gestion déconcentrée du traitement des incidents afin de redonner aux établissements une fluidité de fonctionnement.

Le Bureau National FO-Direction

Si nos renseignements sont bons.... Le Renseignement pénitentiaire à l'épreuve de l'idéologie

RenseignementLe projet de loi relatif au Renseignement est actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale. Il fait suite au rapport de M. URVOAS, Président de la Commission des lois, qui soulignait la nécessité d'encadrer le renseignement des différents services de l’État.

Les premiers rapports sur la question du renseignement ne contenaient à l'origine rien de significatif sur les problématiques relatives au renseignement pénitentiaire. L'actualité récente et la sensibilisation de la société civile notamment par nos actions ont abouti à ce que le projet de loi discuté ces derniers jours contienne enfin des dispositions sur le renseignement pénitentiaire.

Deux amendements ont ainsi été intégrés dans le projet de loi : le premier article permettra à l'administration pénitentiaire d'utiliser des mesures de détection, brouillage et interruption pour lutter contre les téléphones portables. Le second article rappelle que l'administration pénitentiaire peut contrôler les ordinateurs des personnes détenues.

Ces dernières semaines, la ministre, la CGLPL et l'OIP ont pris position en défaveur du renseignement pénitentiaire de manière unanime et en développant une analyse similaire considérant notamment que l'intégration du renseignement pénitentiaire comme service de renseignement conduirait à dénaturer l'administration pénitentiaire.

Sur ces entrefaites, les services de la ministre ont proposé quelques amendements de nature à exclure de manière définitive le renseignement pénitentiaire du champ du renseignement. Ces amendements ont été rejetés par l'Assemblée Nationale. Ce rejet ou ce camouflet rappelle ainsi contre les positions de la ministre, de la CGLPL et de l'OIP, que la mission de sécurité publique est toujours une mission de l'administration pénitentiaire au même titre que l'insertion ou la prévention de la récidive pour lesquels les moyens restent il faut le rappeler, insignifiants.

D'autres amendements sont actuellement en discussion visant à donner la possibilité à l'administration pénitentiaire de pouvoir écouter les conversations téléphoniques non autorisées ou la suppression de l'article 57 de la loi pénitentiaire, relatif aux fouilles.

Nous ne reviendrons pas sur l'article 57 de la loi pénitentiaire sur lequel nous nous sommes maintes fois positionnés. L'amendement relatif à la possibilité offerte d'écouter les conversations téléphoniques des personnes détenues n'est pas une nouveauté puisqu'elle est déjà permise pour les appels passés sur les téléphones fixes en détention. L'élargissement du contrôle aux téléphones portables interdits en détention (moins coûteux que les brouilleurs et pouvant être déployé sans délai) nous apparaît comme une nécessité pour garantir la sécurité des établissements pénitentiaires pour plusieurs raisons :

Sur le respect de la vie privée ou des droits de la défense :

Les personnes extérieures savent clairement que les personnes détenues ne peuvent communiquer avec elles par l'intermédiaire d'un téléphone portable. Certains avocats reconnaissent eux-mêmes recevoir ces appels en toute illégalité. Dans ces conditions, il ne peut être opposé à l'administration pénitentiaire l'absence d'information sur la possibilité éventuelle d'une écoute de conversations qui sont par nature interdites par la loi.

Sur le fait que les surveillants dénatureraient leurs missions :


Ces écoutes réalisées uniquement par une personne habilitée (extérieure à la détention comme c'est actuellement le cas pour les personnels écoutant la conversation des personnes détenues) ne sont pas de nature à rompre la relation existant entre le surveillant d'étage et la personne détenue qui ne demeure jamais une relation de confiance mais une relation respectueuse entre un professionnel et un usager contraint du service public. Les missions des surveillants pénitentiaires se sont étendues (extractions judiciaires, ERIS), évoluent et ne peuvent se limiter à des présupposés idéologiques incompatibles avec la diversité des profils pénaux, psychiatriques ou comportementaux des personnes accueillies en établissements pénitentiaires.

Le législateur semble vouloir s’affranchir des dogmes que l’on a coutume de côtoyer au sein du ministère de la Justice qui considère que les fonctionnaires pénitentiaires ne seraient pas en mesure d’élever leur expertise au rang du discernement. La loyauté des personnels, et a fortiori celle des cadres de l’administration pénitentiaire, n'est plus à démontrer. Un constat a été fait, à de nombreuses reprises, de la qualité des informations recueillies et exploitées. Ainsi, des tentatives d’évasion ont été déjouées, des projets de braquages endigués, des actes de terrorisme évités. L’administration pénitentiaire a de nouveau attesté de son expertise et de son analyse des données en contribuant largement à l’enquête faisant suite aux attentats odieux de janvier 2015 à Paris. Et que dire de la résolution des affaires internes et de la lutte contre les phénomènes de corruption.

Les équipes de direction alimentent d’ores et déjà les parquets et les services de renseignement et de sécurité intérieure, d’informations cruciales pour la prévention de crimes et de délits.

FO-Direction rappelle par ailleurs sa position quant à la nécessité de conférer la qualification d'OPJ aux DSP.

Le projet de loi actuellement débattu à l’Assemblée Nationale ne doit pas être banalisé et l’attention actuellement portée à l’administration pénitentiaire par le législateur est le fruit de longues interventions auprès des parlementaires. Il nous appartient de ne pas rater ce virage essentiel pour la reconnaissance de notre véritable mission de sécurité publique, au service de la Nation.

FO-Direction

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La lutte contre la radicalisation : un sujet complexe

Jeudi 22 janvier 2015, une délégation FO-Direction composée de Jimmy Delliste, Patrick Wiart et Lucie Commeureuc a été reçue au cabinet de la Garde des Sceaux par le conseiller budgétaire et la conseillère pénitentiaire en vue de faire un point de situation sur la lutte contre la radicalisation.

Après avoir relevé que la prison était beaucoup moins au cœur des polémiques médiatiques et politiques que lors de l’affaire MERAH, FO-Direction a souligné que cet état de fait était de nature à permettre un travail serein et dépassionné sur une problématique particulièrement sensible.

L’approche défendue par FO-Direction

FO-Direction a précisé son approche de la question de la lutte contre la radicalisation. Face à ce sujet complexe, il convient de construire une réponse plurielle et nuancée. En effet, si la nécessité d’agir rapidement est désormais reconnue par le cabinet de la Garde des Sceaux, cela ne doit pas se faire dans la précipitation car d’une part il existe différents degrés de la radicalisation et d’autre part les signes permettant le repérage de ce phénomène sont de moins en moins évidents et en constante évolution. De ce fait, FO-Direction plaide pour l’appréhension de la radicalisation à travers le prisme de la dérive sectaire afin de ne pas stigmatiser l’exercice du culte religieux en prison conformément au principe de laïcité.

Des mesures différenciées en fonction des profils

La présence dans les maisons d’arrêt des grandes métropoles de profils plus ou moins radicalisés appelle des mesures adaptées à chaque type de situation en fonction du degré de radicalisation. Il ne faut en aucun cas que la lutte contre la radicalisation conduise une fois de plus à élever le niveau de sécurité pour l’ensemble de la population pénale !

Pour les profils les plus dangereux : quand bien même il serait juridiquement possible de motiver correctement un placement à l'isolement pour ces profils, cette solution ne saurait être tenable à long terme. Il convient dès lors de mettre en œuvre un dispositif particulier pour ces personnes détenues. Ainsi, et uniquement pour ces profils, FO-Direction est favorable à la constitution de secteurs de détention permettant une prise en charge dans un secteur de détention distinct du reste de la population permettant la mise en place d'un régime différencié avec un contenu adapté.

  • En termes de structure, nous avons proposé de mettre à l’étude l’utilisation d’un quartier des maisons centrales sécuritaires de Vendin-le-Vieil et de Condé-sur-Sarthe. Ces structures présentent des garanties de sécurité et de cloisonnement qui permettent la prise en charge des profils les plus dangereux sans pour autant les cantonner à un strict régime d’isolement.
  • En termes de contenu du régime de détention, nous avons proposé au cabinet de la Garde des Sceaux d’étudier le régime italien de détention dit du « 41 bis » appliqué aux détenus mafieux. Ce régime validé par la CEDH permet d’encadrer strictement les personnes à forte dangerosité sociale : Les personnes détenues sont incarcérées dans des secteurs de détention totalement étanches du reste de la population pénale, les personnels de surveillance font l'objet d'un recrutement sur profils avec des conditions et des rythmes de travail dérogatoire ; le régime de communication avec l'extérieur est très restrictif et contrôlé.
  • En termes d’accompagnement humain, nous insistons sur la problématique de la qualification nécessaire de personnels, formés spécifiquement et régulièrement à la question des dérives sectaires et de la radicalisation. Des solutions d’accompagnement RH sont à construire pour nos personnels.

Pour les profils en voie de radicalisation : nous avons défendu l’idée selon laquelle les profils en voie de radicalisation doivent être traités avec plus de mesure. En effet, la prévention et la construction de programme de désengagement nous semble plus efficace sur ces profils que la réponse uniquement sécuritaire qui pourrait entraîner à une surenchère idéologique. Le contenu de ces programmes loin d'être dans la contre-argumentation stérile doit pouvoir amener les individus à douter de leur discours. Il doit par ailleurs s'accompagner de construction d'une solution de réinsertion, la marginalisation étant facteur de basculement et d'ancagre dans ce type de dérive.

Pour l’ensemble de la population pénale : il convient de permettre l’exercice du culte dans de bonnes conditions, ce qui implique, au-delà du recrutement d’aumôniers en nombre suffisant, un travail indispensable sur la qualité de ce recrutement en vue de permettre leur légitimité au sein des détentions. Des actions de prévention larges (proches de celles annoncées dans les institutions scolaires ou les quartiers prioritaires) pourront également être mises en place telles que des formations à l’histoire des religions ou au fait religieux ouvertes à tous.

En tout état de cause, deux préalables sont indispensables au succès de cette action :

  • la remise en cause du dogme français de l’égalité de traitement ainsi que du maintien des liens familiaux pour les détenus les plus dangereux ;
  • un travail de fond sur le contenu proposé en fonction du régime de détention.

La question des moyens

Le conseiller budgétaire après nous avoir confirmé que 950 ETP ainsi que 181 millions d’euros hors masse salariale allaient être alloués sur le triennal 2015-2017 au ministère de la Justice, il a précisé que la répartition de ces moyens n’était pas encore à ce jour décidée. Nous avons plaidé :

Pour le renforcement des effectifs du renseignement pénitentiaire :

  • Nous avons demandé à ce que la charge de travail liée au renseignement pénitentiaire soit inscrite dans les organigrammes de référence et traduite en équivalent temps plein pour donner aux Chefs d’établissement la capacité de mettre en œuvre correctement cette mission.
  • Nous avons par ailleurs plaidé pour une priorisation dans l’affectation des ressources en vue de concentrer les moyens sur les établissements actuellement les plus démunis et éviter les effets de saupoudrages inutiles.
  • Nous avons enfin argumenté pour le renforcement des niveaux régional et central en vue d’améliorer la coordination des acteurs. A cet égard, nous avons souligné que le bureau du renseignement pénitentiaire, fragilisé par la disparition de la sous-direction EMS, devait faire l’objet d’une attention particulière (cf. nos différentes prises de position sur la réorganisation de la DAP) .

Pour le renforcement des moyens techniques et juridiques :

  • Nous avons demandé la prise en compte de l’ensemble de nos propositions concernant le renseignement pénitentiaire : il nous a été indiqué que ce dernier allait enfin être inscrit dans la Loi sur le renseignement.
  • La possibilité de sonoriser les espaces collectifs ou les cellules : le renseignement pénitentiaire doit pouvoir disposer de la possibilité de sonoriser les cellules pour garantir la sécurité de l'établissement (prévention des évasions, …).
  • La possibilité d'écouter les téléphones portables ou de les neutraliser : La loi autorise déjà l'administration pénitentiaire à écouter les conversations téléphoniques des personnes détenues afin de prévenir les évasions. Nous demandons l'extension de cette possibilité aux téléphones portables notamment par l'installation d'antenne relais sous contrôle de l'administration pénitentiaire avec des numéros interdits ou autorisés. La lutte contre la détention illicite de téléphone portable doit développer les moyens nécessaires au contrôle des conversations (moyen humain ou algorithme d'analyse des conversations).
  • Nous avons évoqué la possibilité de permettre à certains personnels pénitentiaires de recevoir la qualité d’OPJ en vue de faciliter les démarches au sein de nos établissements pénitentiaires. A défaut, nous avons demandé à ce que des OPJ rattachés à leur propre hiérarchie soient mis à disposition au sein des établissements en vue d’une plus grande efficacité des procédures (rapidité d’intervention, plus grande discrétion dès lors que l’OPJ circule régulièrement au sein de l’établissement).
  • Nous souhaitons également la création d'un fichier du renseignement pénitentiaire : L'administration pénitentiaire ne dispose d'aucun fichier permettant de garantir la bonne transmission des informations du renseignement pénitentiaire entre les établissements  notamment à l'occasion des transferts de détenus. L'administration pénitentiaire doit disposer d'un logiciel confidentiel à destination des chefs d'établissement adapté aux besoins des services déconcentrés, contenant des outils logiques permettant d'analyser les données et de recouper les informations ajoutées. Ce logiciel devrait pouvoir s'alimenter des données contenues dans GENESIS (visiteurs, co-cellulaires, incidents disciplinaires ...) et des remontées régulières des chefs d'établissement.
  • Nous demandons l'extension du parc de vidéosurveillance aux espaces de la détention qui peuvent devenir des lieux de prêches religieux sauvages.

En tout état de cause, l'ensemble des mesures que nous proposons nécessite une forte volonté politique qui devra se traduire de manière soutenue dans les budgets des prochaines années. La protection de la démocratie est à ce prix.


FO-Direction

Fusion décor... fusion déprime !

LoupeAlors que le scrutin pour les élections professionnelles approche, nous avons pris connaissance comme vous tous du dernier communiqué du Syndicat SNDP/CFDT, qui tente de répondre de manière didactique mais avec certains faux-fuyants.

Certaines affirmations nous laissent perplexes, comme la façon de s'ériger en défenseur de la réforme du Statut et en sauveur des DSP. Chacun sera seul juge de l'efficacité des méthodes de chacun et de la pugnacité dans les combats menés. FO-Direction ne souhaite pas reprendre un à un chaque argument énoncé afin de ne pas entrer dans une joute syndicale qui nous lasse. En effet, seul la défense des DSP nous intéresse.

Cependant, afin d'éclairer les collègues et au delà de simples divergences tant idéologiques que méthodologiques -que personne ne peut ignorer-, FO-Direction fait le choix d'éclairer le débat et de soumettre à cet argumentaire, quelques questions volontairement restées dans l'ombre.

Pourquoi les DPIP-CFDT restent-ils en retrait et distants sur la fusion des corps prônée par leurs camarades du SNDP ?

Vrai ?  Faux ?

Pourquoi les DPIP-CFDT n'adhèrent-ils pas en masse au projet du SNDP-CFDT, au lieu de faire bande à part en revendiquant leur différence et une spécificité de la filière insertion dans leur propre syndicat et dans leur profession de foi ? Existerait-il alors deux courants au sein de la CFDT ?

Vrai ?  Faux ?

Pourquoi la Fédération CFDT Interco/Justice n'accorde-t-elle dans sa liste de 30 candidats pour le Comité Technique Ministériel, qu'une 24ème place au représentant du SNDP-CFDT, bien éloignée de tous les autres syndicats CFDT ? Prise de distance ? Non-réelle représentativité interne ?

Vrai ?  Faux ?

Pourquoi observe-t-on un silence assourdissant lorsque l'on découvre que l'IFO sera en baisse cette année, parce que la DAP sensible au chant des sirènes, au lieu d'augmenter l'enveloppe globale de l'IFO des DSP, y intègre les DPIP et CSIP désormais dans le même volume financier ?

Vrai ?  Faux ?

Notre doctrine syndicale est claire et partagée par de nombreux collègues qui consultent chaque jour notre site internet, site faut-il le rappeler, épuré de toute matière et recettes publicitaires... Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde.

Vrai ?  Faux ?

Le débat de fond ne doit pas être truqué et les positions doivent être clairement exprimées et assumées.

Il nous semble important de pouvoir disposer au plus vite de toutes ces réponses afin que le débat de fond soit clarifié et permette à chaque DSP d'évaluer exactement les conséquences de son vote.

Fusion des corps … fusion des primes

Sans attendre, FO-Direction, consterné par la nouvelle baisse de l'IFO de cette année 2014, a officiellement saisi la Directrice de l'AP dans une note expresse.

Pour nous, il est évident que la confusion des primes préfigure celle des corps et qu'il faut adresser à l'Administration un message clair de refus.

Depuis de nombreuses années, FO-Direction conçoit son action quotidienne au service des DSP et de l'Institution, sans réserves ni calculs. C'est à ce prix que nous avons pu garantir la reconnaissance de ce que nous sommes sur la place publique. En dépit des positions dogmatiques et collusions, nous résistons au « DSP Bashing » relayé par affinités ou allégeances politiques, parfois par désinformation ou tromperie.

Le chant des sirènes conduit parfois vers le cauchemar des Abysses.

Le message qui sera délivré le 04 décembre prochain à l'occasion des élections professionnelles sera plus que jamais déterminant pour l'avenir de notre profession, délaissée comme jamais.

Alors que la Conférence dite de consensus a superbement ignoré la Prison et ses personnels, les DSP doivent réaffirmer que celle-ci trouve sa place et sa légitimité dans la prise en charge des publics qui nous sont confiés. Cette exigence forte, au service de la Société, nous devons la revendiquer. Elle mérite reconnaissance et respect de notre identité professionnelle. Certainement pas sa désintégration programmée.

Le Bureau National

Vers la décomposition de la DAP ?

Millenaire 3 : futur siège de la DAPLa Directrice de l’Administration Pénitentiaire organisait une réunion multilatérale de présentation de la réorganisation de la DAP, le 21 octobre 2014.

En présence des syndicats représentatifs de la Direction de l’Administration Pénitentiaire et du Secrétariat Général, Mme GORCE a indiqué que l’organigramme présenté avait d’ores et déjà été validé par la Garde des Sceaux.

L’objectif de cette réunion était dès lors de mettre en place un groupe de travail autour de l’écriture du nouvel arrêté établissant les domaines d’intervention des futurs bureaux de la DAP, réorganisée.

Il est ressorti des échanges :

  • que les nouveaux arrêtés devront être finalisés pour le début de l’année 2015 afin de procéder à la réorganisation de la DAP avant le déménagement.
  • qu’aucune réorganisation des DISP n’est à l’heure actuelle prévue dans la continuité de la réorganisation de l’Administration Centrale.
  • que beaucoup d’agents ont manifesté le désir de quitter la DAP notamment à la sous-direction RH,dans le contexte de la réorganisation et du déménagement de la DAP à Aubervilliers.
  • qu’une démarche d’accompagnement individualisée des personnels était mise en œuvre afin de faciliter les mouvements internes de personnels.


FO-Direction, représenté par Lucie COMMEUREUC et Elise THEVENY, après avoir rappelé sa position concernant la disparition de l’EMS, a souhaité souligner les points qui devront nécessairement être traités avec attention, au risque de compromettre gravement l’équilibre de la nouvelle organisation.

La CFDT s'est limitée à considérer cette nouvelle organisation comme étant bien équilibrée (sic !). L'essentiel étant pour elle de questionner les possibilités de télétravail (ce qui n'a rien à voir  avec la réorganisation de la DAP).

Le déménagement et la réorganisation de la DAP sont des événements majeurs pour notre administration qui se doivent d’être anticipés au mieux sur trois points principaux.

1/ Le refus de la disparition de l'EMS


La création d'EMS n'est pas un hasard. Elle correspond à un  besoin historique et assumé d'inscrire l'Administration Pénitentiaire dans sa mission première de garantir la sécurité de tous(personnels, personnes détenues, victimes, société). La création d'EMS est donc n ée du retard qu'avait pris en 90 ans d'appartenance au ministère de la Justice, l'Administration Pénitentiaire sur ses voisins européens. La création d'EMS a ainsi permis la création des ERIS mais aussi du renseignement pénitentiaire. La réforme actuelle est donc sans aucune ambiguïté un recul historique et sans doute une erreur d'analyse.

Au demeurant, la disparition de l’EMS, au profit d’une sécurité assumée par tous, autant dire par personne (puisque c'était le cas avant la création d'EMS), doit être accompagnée et pas seulement auprès des personnels de la DAP. Ainsi, les DISP, les établissements ainsi que nos partenaires extérieurs doivent faire l’objet d’une attention particulière. Quelle nouvelle organisation pour les DISP pour tenir compte de la décomposition de la DAP ?

La "réorganisation" fait clairement courir le risque que les compétences acquises par l’EMS depuis sa création, soient diluées dans le nouvel organigramme dans un maelström indigeste. La sécurité est certes « l’affaire de tous » dans notre Administration. Mais pour autant, la nouvelle organisation n’en fait plus l’affaire de personne, puisque la sécurité n'est plus identifiée, en tant que telle, dans aucune des nouvelles sous -directions. Le mot sécurité est, on le sait, un vilain gros mot pour le Cabinet de la Garde des Sceaux.

La disparition de l’EMS risque également de provoquer une crise de reconnaissance institutionnelle. L’Administration Pénitentiaire utilisait le langage commun aux forces de sécurité intérieure et se positionnait ainsi comme la 3ème force de sécurité de la Nation. Le terme d'Etat Major de la sécurité (vocable utilisé par les forces de police) est lisible et permet aux partenaires de comprendre rapidement le fonctionnement de la DAP.

La dissolution de l’EMS et la dilution de la sécurité parmi les différentes sous-directions ne pourront que fragiliser la place qu’avait réussi à gagner l’Administration Pénitentiaire dans les rangs des forces de sécurité intérieure. Il s’agit là d’une réelle préoccupation quant au devenir de l’Institution. Dans le contexte actuel où la violence est prégnante dans tous les établissements, alors que les problématiques de sécurité se multiplient (fouilles, évasions, radicalisation des publics, incidents collectifs, menaces sur les victimes par l'usage des téléphones portables...) la sécurité des personnes peut-elle se permettre de se priver d’un symbole et d'un outil ?

En tout état de cause, la dispersion des différents aspects de la sécurité dans les différentes sous-directions, outre le manque de lisibilité, provoquera une crise d'identité.

Confrontée à cette analyse lors de la réunion, la Directrice de l’Administration Pénitentiaire concède que ce risque existe effectivement…

2/ La prise en compte des cultures professionnelles

Outre les problématiques liées à la disparition de l’EMS, il ne faut pas sous-estimer les différences de culture professionnelle qui existent actuellement entre sous -directions. Faire travailler ensemble des anciens bureaux de PMJ et de l’EMS impliquera de réfléchir à l’articulation des pratiques professionnelles de chacun.

Les « modus vivendi » sont ancrés dans le fonctionnement de l’Administration Centrale. Le seul affichage d’une réorganisation sous la forme d’une redistribution des rôles ne suffira pas nécessairement à modifier les pratiques en profondeur. Les projets d’arrêtés qui nous seront présentés prochainement devront donc aussi être étudiés à la lumière de ces considérations de terrain.

3/ La vigilance dans le traitement des situations individuelles des personnels

FO-Direction se montrera particulièrement attentif  à l’accompagnement qui sera proposé aux personnels de l’Administration Centrale.

Les vœux de départ, en vue du déménagement à Aubervilliers et de la réorganisation, sont déjà nombreux. Des départs massifs ne pourront que fragiliser, à leur tour, le fonctionnement de notre Institution.

Une prochaine réunion est fixée au 16 décembre 2014 au cours de laquelle doivent nous être présentés les projets d’arrêtés.

FO-Direction

Les dépêches de l'été

Homme avec un livreL'heure des chassés-croisés estivaux est maintenant derrière nous. Les équipes, ou ce qu'il en reste, vont repartir à l'assaut d'une activité toujours plus soutenue et parfois imprévisible. Et ce, tant en raison des sureffectifs de publics pris en charge ou suivis, malgré des vacances de postes dévastatrices de personnels, que par la radicalisation des détentions qui lasse, harasse et démobilise de nombreux professionnels.

Il n'est nullement question dans notre propos de noircir plus fort le tableau. Les incidents du quotidien, alimentés par une population pénale qui se désinhibe effrontément, sont loin de régresser. Les trafics se développent et viennent polluer voire contaminer la prise en charge des publics qui se fragilise en quantité (taux d'encadrement) et en qualité (par la gestion de l'urgence).

Dans quelques semaines, les chefs d'établissement ou de services seront encore une fois invités dans le cadre des dialogues de gestion à venir s'expliquer sur le nombre croissant des heures supplémentaires générées par leur structure, ou sur les raisons d'un engagement de dépenses qui dépasse très largement l'enveloppe pourtant très réduite octroyée en début d'année. Cet exercice que nombre d'entre-nous connaissent frisera une nouvelle fois l'hypocrisie et la parodie tragique d'un système qui s'essouffle.

Au-delà d'une météo plutôt morose, l'été 2014 aura néanmoins été ponctué par quelques effets de manche non négligeables qui marqueront ou pas, notre capacité à redonner de l'espoir à notre institution.

La période estivale  a été favorable aux « dépêches » ministérielles saisonnières.

Le 24 juillet 2014 tout d'abord, avec une injonction aux parquets de la Ministre de la Justice pour qu'un (véritable) partenariat entre les établissements pénitentiaires et les procureurs se mette enfin en œuvre dans le cadre du plan de sécurisation annoncé en 2013. Une partie des problématiques endémiques de la prison serait-elle enfin prise à bras le corps ? A moins qu'il ne s'agisse d'un nouvel exercice de style, quelques jours avant la promulgation de la nouvelle Loi pénale...

  • Fluidification de la communication entre l'autorité judiciaire et l'administration en cas de constatation d'infraction en détention.
  • Traitement judiciaire ferme et rapide des infractions commises au préjudice du personnel.
  • Lutte contre les trafics susceptibles de se développer en détention.
  • Détermination par l'autorité judiciaire avec l'administration pénitentiaire, d'un lieu d'écrou adapté au profil des individus.


Le bureau de l'action publique générale de la DACG et l'état major de sécurité de la DAP non encore démantelé à ce jour, sont aux manettes de la concrétisation de ces consignes.

Après toutes les alertes lancées depuis des mois, on ne peut que se réjouir de ces intentions pourvu qu'elles ne se limitent pas à la seule valeur des mots. Certaines des mesures rappelées par la ministre existaient d'ores et déjà sans toujours être partout ou systématiquement mises en œuvre malgré les sollicitations soutenues des chefs d'établissement.

Sur ce point, FO-Direction recommande aux chefs d'établissement de prendre l'initiative en planifiant sous l'égide du parquet, du préfet et des forces de sécurité intérieure, des réunions de cadrage pour planifier les différentes opérations de contrôle proposées. Par ailleurs, il serait de bon ton que les directeurs d'établissement pénitentiaire soient systématiquement et naturellement conviés à participer aux réunions d'ordre public (R.O.P.) et celles de l'état-major de sécurité en préfecture, sans être obligés de le solliciter outre mesure. Il serait temps que les abords des prisons soient réellement considérés comme une zone sensible publique qui nécessite véritablement le concours soutenu des forces de Police ou de Gendarmerie.

Cette année, l'Assomption n'aura pas été le seul fait marquant du 15 août puisque, coïncidence ou pas, c'est le jour retenu pour promulguer la nouvelle Loi pénale (parution au JO du 17 août 2014).

Portée par la Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, cette réforme est passée par de nombreux états et arrive comme le point d'orgue d'une conférence de consensus sur la prévention de la récidive, à propos de laquelle nous nous sommes déjà largement exprimés. Un coup de barre à gauche, un coup de barre à droite et balle au centre. La Loi est bel et bien là est c'est tant mieux. Il était temps en effet de stopper les surenchères et de passer aux actes.

Et pour passer aux actes, nous arrivons à la seconde dépêche de l'été : celle du 19 août 2014 qui vise la mise en œuvre de la Loi relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité des sanctions pénales.

Pas de panique nous dit-on, puisqu'aucune des dispositions de cette loi n'est d'application immédiate ! Pas immédiate, mais le 1er Octobre 2014 pour la plupart et le 1er Janvier 2015 pour les autres. Ces délais contraints vont conduire la DACG et la DAP à rédiger au pas de course projets de décrets et circulaires générales et spécifiques.

Comme vous pourrez le constater, sur 56 dispositions, 40 entreront en vigueur dès le 1er Octobre prochain et 7 dès le 1er Janvier 2015.

Au-delà de la conception que chacun peut se faire de la prévention de la récidive, nous verrons bien si certaines dispositions auront un effet direct sur la sur-occupation carcérale à court terme.

  • La suppression des peines plancher (1er octobre 2014), à condition que les tribunaux actuellement inhibés, prononcent des peines plus courtes pour les récidivistes et c'est loin d'être gagné !
  • La suppression de l'automaticité de la révocation du sursis simple et révocation en cascade des SME (1er Janvier 2015), bien que cette modalité n'empêchera pas forcément toutes les révocations.
  • La suppression du régime spécifique applicable aux condamnés récidivistes pour les crédits de réductions de peines et réductions de peines supplémentaires (1er Janvier 2015).
  • La suppression du régime spécifique applicable aux condamnés récidivistes pour l'octroi de la Libération Conditionnelle (1er Janvier 2015), disposition  bénéfique aux établissements pour peine.

Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'indiquer, nous restons  dubitatifs  quant à l'appropriation et aux effets des dispositions ci-dessous :

  • La création de la contrainte pénale pour les délits punis d'un emprisonnement inférieur ou égal à 5 ans (1er Octobre 2014).
  • La mise en œuvre de la Libération sous contrainte pour les condamnées jusqu'à 5 ans (1er Janvier 2015).
  • L'examen obligatoire de la situation des personnes ayant effectué les deux tiers de leur peine (plus de 5 ans) (1er Janvier 2015).


Ne cherchez pas la dépêche concernant la finalisation de notre réforme statutaire, elle n'existe pas. L'urgence à statuer n'a finalement pas été décrétée. Mais c'est un autre sujet sur lequel nous allons revenir, très très vite car nous avons saisi la ministre de la Justice.

FO-Direction



Autoriser le téléphone mobile en détention : Une très mauvaise idée !

CGLPL HazanLe syndicat des directeurs des services pénitentiaires FO-Direction, s'étonne de la conviction avec laquelle la contrôleuse des lieux privatifs de liberté, nouvellement nommée, imagine régler les problèmes en prison.

En annonçant hier matin sur une radio nationale, qu'au regard de l'incapacité de l'administration pénitentiaire à endiguer le trafic des téléphones mobiles en détention il suffisait de les autoriser, la nouvelle CGLPL flirte avec une idéologie dogmatique et peut-être candide qui laisse perplexe le monde pénitentiaire et sans doute la société entière.

Pourquoi dans ce cas ne proposerait-on pas à titre dérogatoire, de légaliser les produits stupéfiants qui circulent parfois en nos murs ? Cela pourrait détendre et faire tomber un autre Trafic ... Pour FO-Direction, on ne règle pas un problème en légalisant la source.

Oui, l'accès au téléphone mobile en détention est dangereux ! Le Conseil d'Etat l'a d'ailleurs rappelé dans un arrêt en date du 4 février 2013.

Penser qu'il est techniquement possible de brider un téléphone mobile à quelques numéros autorisés est un leurre ! Quid du harcèlement téléphonique des victimes ? Quid des interdictions de communiquer dans le cadre de l'instruction ? Quid de l'organisation des trafics et d'éventuelles évasions ? Quid des liens avec les réseaux terroristes et intégristes ?

Pour régler la problématique de l'accès au téléphone en détention, FO-Direction préconise :

1 - La refonte du marché de la téléphonie accessible aux personnes incarcérées de manière à revoir les coût des communications ;

2 -
L'installation progressive de téléphones muraux dans les cellules d'hébergement, dispositif facilitant le maintien des liens familiaux tout en maintenant un contrôle des communications par des personnels spécialisés ;

3 – Rendre les téléphones mobiles inopérants sur les sites pénitentiaires par la mise en œuvre d'un brouillage sélectif.

FO-Direction
s'attendait à plus de discernement de la part de la CGLPL nouvellement nommée. Une réflexion pragmatique aurait en effet pu aboutir à proposer par exemple, l'accès aux téléphones mobiles dans des établissements de type Centre de Semi-Liberté ou quartier de même type, séparés physiquement des quartiers maison d'arrêt.

FO-Direction qui a largement contribué à l'enrichissement du débat dans ce domaine avec le prédécesseur de Madame HAZAN, regrette une fois de plus cette annonce dont le seul but est probablement de rappeler, au bon souvenir de ceux qui en douteraient, l'existence du CGLPL.

FO-Direction n'a jamais douté de l'intérêt de cette autorité administrative indépendante, et se tient  disponible pour éclairer le débat proposé par Madame HAZAN sur une question importante dans la prise en charge des publics contraints en établissements pénitentiaires.


Pour le Bureau National,
Le secrétaire général,
Jimmy DELLISTE

Communiqué de presse - Fresnes le 28 juin 2014 - Michel Saint Jean

Le  syndicat  des  Directeurs  des  Services  Pénitentiaires  FO-Direction,  apporte  son soutien inconditionnel au Directeur Interrégional des services pénitentiaires de Paris Michel Saint-Jean, qui fait actuellement l'objet d'une campagne de dénigrement orientée, infondée et relayée par voie de presse le vendredi 27 juin 2014.

Au service de la République et de l'Administration Pénitentiaire depuis 1976, Michel Saint-jean atteste d'une carrière exemplaire dont la loyauté et le mérite n'ont cessé d'être soulignés.

Toujours en quête d'une Administration Pénitentiaire moderne et humaine, Michel Saint-Jean n'a cessé de soutenir ses services et ses personnels de plus en plus confrontés aux difficultés de prise en charge des publics contraints dans un contexte où les moyens font cruellement défaut.

FO-Direction dénonce  et  regrette  qu'un  grand  quotidien  national  tel  que  le  Parisien-Aujourd'hui en France, puisse se laisser abuser de la sorte.

Contrairement à ce que rapporte le quotidien, aucune faute morale ou déontologique ne peut être retenue à l'égard de ce directeur interrégional parce qu'il a répondu aux vœux d'une personne détenue -quand bien même soit-elle issue du grand banditisme- ou encore attesté d'un soutien courtois dans le cadre d'une entreprise individuelle de réinsertion ou de  rapprochement  familial.  Les  correspondances  incriminées  ont  suivi  la  voie traditionnelle de transmission et n'ont jamais été dissimulées.

L'interprétation fallacieuse de ce non-événement n'a en fait pour seul objectif que de régler  des  comptes  et  de  tenter  d'atteindre  un  grand  professionnel  pénitentiaire  à quelques semaines de son départ à la retraite, voire de jeter l’opprobre sur l'ensemble des directeurs des services pénitentiaires, à quelques mois des élections professionnelles et de son lot de surenchères.

FO-Direction s'interroge sur l'origine des documents détournés et publiés et sollicite, à ce titre, l'ouverture d'une enquête.

A l'heure où les conditions d'incarcération et la situation des prisons sont de plus en plus critiques, FO-Direction regrette le glissement de cette publication sans intérêt qui relève habituellement plus d'une certaine presse à sensation.

 

FO-Direction

24 novembre 2014 : Et après ?

Surpopulation Le  08  avril  dernier,  nous  diffusions  un  communiqué  de  presse  intitulé  « C'est  complet !  Les prisons débordent ».

Dans six mois, nous arriverons au terme des dispositions de l'article 100de la Loi du 24 novembre 2009, imposant qu'à l'expiration d'un délai de cinq ans à compter de sa publication, il ne pourra plus être dérogé au placement en cellule individuelle dans les maisons d'arrêt.

Nous savons toutes et tous que la sur-occupation des prisons continue d'augmenter avec son lot quotidien d'incidents et que ceux-ci se concentrent dans les maisons d'arrêt.

Dans notre pays l'encellulement individuel est un principe ancien remontant à la fin du 19ème siècle. Force est de constater que 139 ans après et malgré toutes les bonnes intentions, la République Française ne sera toujours pas en mesure de se mettre en conformité avec sa propre Loi et ses grands principes.

CTM du 26/05/14 - Déclaration liminaire - Surpopulation carcérale

Madame la Ministre,

FO rappelle les termes de sa déclaration liminaire du 7 avril 2014, exposée au nom de l'Union des Syndicats FO du Ministère de la Justice.

Nous souhaitons connaître les dispositions qui seront introduites par le Garde des Sceaux dans son projet de loi sur la Prévention de la récidive et l'individualisation des peines pour mettre  en  œuvre  l'article  100  de  la  loi  du  24  novembre  2009  pénitentiaire,  relatif  à l'encellulement individuel dans les maisons d'arrêt, à compter du 25 novembre 2014.

FO constate que la surpopulation dans ces établissements et le nombre de matelas au sol n'ont jamais été aussi préoccupants, constituant une dégradation continue et constante des conditions de vie et de prise en charge en détention ainsi que d'altération chronique des conditions de travail de toutes les catégories de personnels et intervenants.

FO considère que le législateur doit être informé et saisi pour le réexamen des conditions de  mise  en  œuvre  de  l'article  100  de  la  loi  pénitentiaire.  Dans  le  cas  contraire, l'Administration  sera sanctionnée  par  les  tribunaux  pour  violation  de  la  loi,  en  cas  de recours contentieux et indemnitaires.

FORCE OUVRIERE

La fuite des compétences : Rien d'étonnant

Après les premières vagues successives, de nombreux collègues viennent de décider à leur tour de quitter, momentanément ou non, le corps des DSP et son administration de tutelle. Alors que cette nouvelle fuite des compétences accentue encore un peu plus le désintérêt pour l'institution pénitentiaire, les signes censés être envoyés par la Chancellerie tardent à venir.

De leur côté, d'autres administrations ou ministères s'étonnent et se réjouissent de voir autant de cadres supérieurs de l'administration pénitentiaire venir grossir leurs rangs. Il en est ainsi des préfectures, de la magistrature, de l'administration hospitalière ou encore de la DGAFP, ce qui se traduit par un départ avoisinant presque 3 % du corps en moins de 6 mois ...

Rien d'étonnant
malheureusement tant les tergiversations concernant l'aboutissement de notre réforme statutaire sont lancinantes et précarisent toujours plus les DSP qui regardent passer les trains depuis 2007.

Rien d'étonnant alors que la tendance renforce à outrance l'exigence de mobilité sans aucune préoccupation des différentes réflexions d'accompagnement déjà conduites sur le sujet.

Rien d'étonnant dans le contexte complexe d'évolution des services déconcentrés où les directrices et directeurs s'attachent pourtant à gérer ce que d'aucuns trouveraient ingérable.

Rien d'étonnant alors que dans les Directions, départements ou missions en inter-région, on passe plus de temps à partager la pénurie qu'à essayer d'accompagner les structures du ressort.

Rien d'étonnant
lorsque ces mêmes DSP se verront reclassés avec des grilles indemnitaires beaucoup plus favorables dans leur nouvelle administration d'accueil, alors qu'ils sont aujourd'hui moins reconnus que d'autres corps positionnés sur des postes identiques, voire subordonnés en DISP.

Rien d'étonnant alors que nous nous rapprochons peu à peu de la fin du moratoire concernant l'attribution des logements par nécessités de service.

Rien d'étonnant qu'au lieu de se laisser aspirer par les conséquences des risques psycho-sociaux, de plus en plus de directrices et directeurs des services pénitentiaires tentent de nouvelles aventures, de plus en plus tôt dans la carrière et sans envisager de retour.


Fo-Direction

Conseil d'administration de l'ENAP - Compte rendu du 26 avril 2014

ENAPLe mercredi 26 mars 20914 s'est tenu le Conseil d'Administration de l'ENAP au sein de l'éminente salle du Conseil et sous la Présidence de Philippe LEMAIRE, Procureur Général prés la Cour d'appel d'Amiens. Madame GORCE, DAP, était également présente tout comme Monsieur POTTIER, directeur de l'ENAP.

Le syndicat FO Pénitentiaire était représenté à cette instance stratégique et pédagogique par Valérie BRUNET, Secrétaire générale adjointe de FO-PS et par Valérie MOUSSEEFF, Secrétaire nationale de FO-Direction.


1. L'ENAP et la souffrance au travail

CibleAlors que lors du CA précédent du jeudi 26 novembre 2013, les représentants élus par les personnels de l'ENAP avaient détaillé dans une déclaration liminaire leurs griefs en insistant sur la persévérance d'un certain malaise au sein de l'école, ils ont cette fois-ci quitté la salle dès l'ouverture du Conseil après avoir dénoncé le refus d'inscription à l'ordre du jour de la question de la souffrance au travail des personnels de l'ENAP.

De nombreuses questions étaient soulevées par les représentants du personnel, depuis la fuite massive des cadres de catégorie A jusqu'à la vacance des postes ou l'organisation des formations, qui ne permirent pas de rompre le silence de l'Administration. Cette absence de répondant provoqua en réaction leur départ. Celui-ci a lourdement pesé sur le début de ce Conseil d'Administration.

 

 

2. Le WI-FI gratuit pour tous les élèves


A l'occasion de l'approbation du procès-verbal du dernier CA, FO est revenu sur l'engagement de la Direction de l'ENAP de faire chiffrer un projet d'installation du WI-FI gratuit au bénéfice de tous les élèves de l'école.
M. POTTIER expliquait qu'en l'état, à savoir en lien avec la société partenaire actuelle, cela reviendrait à 72 000 €.
FO a insisté, soutenu par certains membres du Conseil, partisans d'une vraie évolution numérique majeure, notamment dans le domaine de l'e-formation et de l'information par internet, de la nécessité de mettre cette technologie indispensable au bénéfice de tous, gratuitement, au sein d'une Ecole Nationale, alors même que celle-ci l'est dans n'importe quel lieu accessible au public (Mac Donald, gare, bar, Office du tourisme...). Il est inacceptable de soumettre son accès, nécessaire dans une scolarité quelle qu'elle soit au sein d'une école, au versement d'un tarif hautement prohibitif.
FO continuera à porter cette problématique à chaque nouveau CA en attendant son aboutissement concret.

3. Le règlement intérieur de l'Ecole

Un projet de règlement intérieur a enfin été présenté au CA après de nombreuses réclamations préalables (plusieurs moutures n'ayant pas abouties depuis 2010).
En effet, la difficulté a été l'absence de validation du décret relatif à l'ENAP, examiné lors du CA de novembre 2013, modifiant et actualisant le décret du 26 décembre 2000, obsolète, sur lequel s'appuie le règlement intérieur. Selon Mme GORCE, le décret est prêt mais retardé à la prochaine publication de l'audit de la Cour des comptes.
A cette occasion un débat s'est ouvert sur la compétence disciplinaire du directeur de l'ENAP sur les élèves présents sur le site alors même que ceux ci sont rattachés administrativement à un établissement pénitentiaire et donc sous autorité d'un Directeur Interrégional : cette question n'a pas été résolue en droit.
LivreFO a attiré l'attention des membres du Conseil sur l'absence de mentions relatives à la scolarité des femmes enceintes alors même que tous les autres types d'absence sont abordés (maladie, congés annuels, AT..). Or, au vu notamment des taux de féminisation exponentiels des promotions, décrits au sein du rapport d'activité, cette situation mériterait des éclaircissements préalables, au delà des textes légaux, sur l'organisation de la scolarité et les aménagements horaires. Il s'agit d'un sujet difficile à faire accepter, sur lequel FO-Direction avait déjà communiqué en sollicitant des garanties pour les nombreuses femmes de tous grades qui s'y trouvent confrontées en poste ou pendant leur scolarité.
Adopté, ce règlement intérieur provisoire sera la nouvelle référence de l'école malgré l'absence de validation préalable du décret qui le légitime...

4. Le Projet d'établissement de l'ENAP


Dans le même ordre d'idées, un projet d'établissement a été soumis à validation.

Il s'agit entre autres actions :
➢  d'animer l'école autour d'une ambition commune (projet d’établissement et charte éthique),
➢    de développer les relations humaines,
➢    d'affirmer l'action pédagogique de l'école,
➢    d'en faire un moteur de la pensée et de la réflexion dans le champ pénitentiaire,
➢    d'améliorer la communication,
➢    de maîtriser les risques financiers et optimiser la gestion des moyens.

Très succinct, sans calendrier précis ni échéances,  sans autre description des services référents que les pilotes, en omettant de se parer d'une vision pragmatique et pratique, sans faire référence au développement de technologies numériques dans le cadre de la formation, sans décrire non plus les bénéfices et effets attendus de chaque action dégagée, il n'a pas échappé à de nombreuses critiques.

Il est notamment apparu que le Conseil scientifique de l'école ne se réunissait pas. Mme GORCE a sollicité auprès du directeur de l'ENAP une évaluation de l'intégration d'un dispositif de e-formation pour l'avenir.
Les axes dégagés dans ce projet, très traditionnels, visent selon M. POTTIER à renforcer les enseignements à visée pratique et la vocation professionnalisante de l'école, tout comme la dimension participative avec la réunion tous les trimestres d'un Conseil des élèves.

On reste finalement sur notre faim et on se contente à notre sens d'enfoncer des portes ouvertes sans grand intérêt pour la suite au vu de l'aspect purement intellectuel qui s'en dégage.


5. La partie budgétaire

Un budget rectificatif pour 2014 a été adopté du fait de l'adoption d'un gel de 7% par la loi de finances 2014 alors que celui ci avait été précédemment calculé avec un taux de 6%. La subvention versée à l'ENAP subit donc une baisse de 102 221 euros, répercutée sur l'ensemble du budget.

L'étude du compte financier de l'exercice 2013 montre un excédent budgétaire avec un résultat bénéficiaire de plus d'un million d'euros (exactement 1 142 024 euros) !

CalculatriceFO s'est étonnée du fait que des pistes d'économies soient systématiquement recherchées dans tous les domaines, que l'argument financier est opposé à la demande de mise en place du WI-FI gratuit, que la baisse du nombre de contractuels et des ETP est avérée, alors même que l'ENAP dégage encore en 2014 pas moins  460 000 euros d'économies pérennes.

Cela fait la 3ème année consécutive que le résultat budgétaire est très nettement positif, paradoxalement à l'ambiance de travail qui semble se dégrader inexorablement.

L'ENAP comptait en effet 238 personnels en 2012 pour 232 en 2013. Si le nombre d'agents en poste à l'école baisse, les effectifs formés baissent également. Mais l'on devrait se féliciter que les bénéfices augmentent...

Au profit de qui dans ce cas?

6. Le rapport d'activité 2013

Une belle plaquette, au design travaillé, relate l'activité de l'ENAP en matière de formation.

Les restrictions draconiennes en matière d'heures supplémentaires ont eu un impact sur le suivi par les personnels en établissement des programmes de formation continue.
La formation continue est de la compétence de l'ENAP dans le projet de décret : mais alors, quid de celle dispensée par les DISP avec le  pilotage de la DAP ? Des éclaircissements sont attendus...
Dans ce cadre 3585 stagiaires ont été accueillis à l'ENAP, moins qu'en 2012, même si le chiffre reste satisfaisant au vu des difficultés évoquées. Un analyste extérieur doit être missionné en 2014 par la DAP pour faire un bilan de ce domaine d'activité de l'ENAP.

Il y a également une baisse notable des effectifs formés dans le cadre de la formation initiale : 2037 en 2013,  2603 en 2012, 3668 en 2011... Mme GORCE précise que la baisse des recrutements  de surveillants s'explique par  la fin du recrutement massif exigé par le programme 13200.
Néanmoins, du fait des incertitudes sur les arbitrages au sujet d'éventuels programmes immobiliers, il est impossible de prévoir l'évolution du prochain triennal.
Seule certitude, la probation sera à l'honneur avec une prochaine promotion de CPIP conséquente.

FO-Direction a souligné les difficultés que pose la qualité du recrutement 2014 du personnel de surveillance, pour lequel le choix des sujets est une véritable offense au niveau du concours. En effet, de nombreuses questions relèvent d'un niveau primaire et constituent une insulte à l'intelligence d'un corps qui est de plus en plus sollicité dans le cadre de missions complexes, informatisées, fondées sur l'analyse et l'observation.
Cela ne pourra avoir qu'un impact sur la formation initiale dispensée à un tel public. Les services RH de la DAP ont assuré se renseigner à ce sujet.

7. Les travaux de recherches

Deux rapports de recherches terminées ont été présentés, consultables dans leur intégralité sur le site de l'ENAP :

Le premier sur "La féminisation à l'épreuve de la prison : Recompositions et permanences d'un ordre professionnel " par Cécile RAMBOURG qui avait déjà fait l'objet d'une présentation lors du colloque de septembre 2013 sur les métiers pénitentiaires.
Le second sur "Les rationalités de la probation francaise" par Olivier RAZAC qui revient sur l'histoire et l'état des lieux de la probation aujourd'hui.

Le prochain sujet proposé à l'approbation du Conseil concerne "Les cadres de l'AP et l'exercice de l'autorité, dans le cadre d'une approche comparative entre les DSP et les DSPIP".  
Sujet d'actualité périlleux qui flirte avec des idées de rapprochement statutaire défendus par certains. Si l’intérêt intellectuel porté aux cadres de l'AP parait flatteur, FO-Direction a rappelé ses convictions au CA, à savoir le danger de vouloir rapprocher deux corps très distincts dans leurs missions et leurs fonctions en faisant le postulat de leur comparaison. Ainsi que la nécessité de gardes fous dans le cadre d'une recherche qui pourrait être influencée par des enjeux politiques, et perdre ainsi en objectivité ce quelle gagnerait en opportunité.
La fiabilité des résultats de cette étude ne sera qu'à ce prix, certifiée par des preuves d'indépendance, hors de toute considération de manipulation ou d'emprise.
FO a également demandé à ce que les officiers puissent être inclus à cette étude dans la mesure où certains ont un rôle de chef d'établissement. Dans certaines structures comme Béthune (400 détenus), leur rôle de cadre confirmé exerçant une autorité de manager ne peut être ignoré.

Le CA s'est terminé sur une visite de l'exposition sur la santé en milieu carcéral et la visite des bâtiments de simulation.


→ Prochain CA  : le mardi 1er juillet 2014


Réflexions d'un DSP - Parcours d'une désillusion

Mes chers collègues, après une longue carrière dans l'administration qui m'a menée à divers postes à responsabilité en tant que Directeur des Services Pénitentiaires et pour donner suite aux dernières restitutions du Syndicat SNP FO-Direction, je souhaite aujourd'hui vous faire part de mon étonnement, mon agacement et mes réflexions sur l'évolution du métier, de ses conditions d'emploi et de travail au quotidien.

« J'ai tout d'abord une impression de lassitude car je constate que malgré notre grande patience, nous sommes les derniers servis, lorsque cela arrive seulement et que dans ce cas, cela traîne beaucoup et arrive à portion congrue pour divers motifs...

Lorsque je considère le traitement des magistrats, des commissaires et des directeurs d'hôpitaux (sans parler de celui des attachés au sein même de la DAP...) et particulièrement le volet  indemnitaire. Lorsque  je  considère  mes  contraintes,  mes  responsabilités,  mes  ennuis quotidiens qui ne sont pas moins importants que les leurs, je me demande pourquoi le pouvoir politique et la haute administration s'arrêtent à un discours de circonstance qui ne se traduit pas dans les faits et dans les conditions de traitement et de travail des cadres supérieurs de l'AP (c'est bien le libellé du statut de 2007 et le langage que nous tient notre administration, sans en tirer les conséquences pratiques autre que la mise en responsabilité) ».

Bref, je suis en colère...

Je suis en colère car, je suis ou je décide seul la plupart du temps. J'enchaîne sans jamais ne rien dire et avec une  loyauté panurgienne,les astreintes de week-end et de semaine. Je fais le boulot, je bloque ma famille...

S'il y avait au final une quelconque reconnaissance, par exemple sous forme d'une IFO  (la prime : trop  rare mais seul moyen de récompense que met en place l'administration pour ses cadres) adaptée, cela permettrait de reconnaitre le travail fait dans des circonstances particulières. Je n'ai le droit qu'à une compréhension raisonnée.

Parle-t-on  aujourd'hui  de  souffrances  au travail, de risques psycho-sociaux, de burn-out ? Les DSP sont-ils exempts de cela ? Sans doute puisqu'ils « tiennent » dans le choc frontal comme dans l'usure de la durée. Mais pour combien de temps ?

Le suivi du parcours professionnel

Les postes de directeurs fonctionnels sont trop nombreux et barrent les facilités de parcours professionnels et géographiques. De même, les « barrières » créées par la nécessité de passer par des postes en DI ou en centrale sont des contraintes concrètes aujourd'hui (même pour les gestionnaires de la DAP) : les postes avec logement  de fonction sont réduits à peau de chagrin, impliquant pour le DSP mobile une baisse de son niveau de vie.

Aucune contrepartie n'est prévue alors que le conjoint perd son emploi pour chaque déménagement contraint ou incité.

Tous ces petits « plus » liés à la fonction qui existaient auparavant nous sont supprimés au nom de l'alignement avec tout le monde (sauf que les DSP ne sont pas « comme tout le monde »). On nous le rappelle assez...

La contrainte de la mobilité

1. Le déménagement : les DSP doivent être les seuls fonctionnaires à supporter un statut si contraignant  avec  l'obligation  de  mobilité  en ayant des prises en charge dignes de l'ancien régime  :  remboursements  de  la  moitié  des frais  réels  du  déménagement,  baisse  du niveau de vie de la famille, emploi perdu ou différé du conjoint, implantation sociale...

Chaque mobilité peut se traduire par quelques 500 à 1000 km d'écart et loin de son noyau familial (maintenir le lien avec sa famille élargie). Je n'ai pas l'impression que les Directeurs d'hôpitaux connaissent une mobilité si régulière et, par ailleurs, leurs primes annuelles sont incomparables tout autant que leur indemnité de  résidence domiciliaire (équivalente à un salaire).

Je remarque que les commissaires de Police changent souvent simplement de service dans une même ville ou un même département pour faire une mobilité et avoir toutefois de l'avancement.

Moi, DSP, je dois partir souvent loin, changer de ville, de maison, l'école de mes enfants, le travail du conjoint, pour faire cette mobilité et pour obtenir un avancement.

L'accompagnement social du bureau RH6 est nul :démarches pour un logement dans le parc  locatif,  montant arrêté pour remettre à niveau  les  logements  du  parc  pénitentiaire, accompagnement des demandes  de gardes de jeunes enfants,  accompagnement des familles et particulièrement la dimension travail du conjoint ?

2.  Le logement de fonction : les derniers textes en vigueur restreignent l'attribution de logements de fonction. Cela faisait partie des avantages  qui  faisaient que ces contraintes étaient supportables. Or, aujourd'hui beaucoup sont laissés sur le bord de la route entrainant une perte financière pour le fonctionnaire dans son parcours professionnel.

Que penser aussi du nombre de m² attribués ? Là aussi, il y a beaucoup à dire car  les  surfaces  sont  trop  limitées et ne prennent en aucun cas la spécificité des DSP et  leur  mobilité.  Rien  ne  prend  en  compte l'évolution de la situation du fonctionnaire et de  sa  famille et de la nécessité pour ce fonctionnaire de vivre  socialement comme tout le monde : (dé- ou re-) composition de la famille,  âge des  enfants. Je considère  que c'est injuste car on veut que je sois loyal, disponible, mobile  (loin des proches et à proximité du poste occupé)... Et l'on ne prend pas en compte mes contraintes, au contraire, on les renforce...

Comme la plupart de mes collègues DSP, j'aime ce métier...

...qui me malmène pourtant. Et j'y tiens avec passion et rage de voir comment on nous traite alors que nous tenons la barre d'un bateau ivre et plein de voies d'eau.

Mais je crois aussi sincèrement qu'actuellement, on fait tout pour nous dégoûter. Je suis en train de me dire qu'il ne s'agit plus de me battre pour progresser mais pour éviter que ma fiche de paie soit réduite, de me battre pour que ma vie de famille n'implose pas et pour que je puisse continuer d'avoir un niveau de relations sociales raisonnable.

Mes arrêts maladie se comptent sur les doigts d'une main, aucune absence pour garde d'enfants, une disponibilité et une réaction aux événements immédiats et sur tous thèmes. Bref, un Directeur présent, réactif et loyal, quelle que soit la mission. Tout ça pour quoi ? Un divorce, une famille sacrifiée, une paye de catégorie B améliorée ?

Les astreintes de direction !

Cette dernière réflexion me paraît aussi essentielle : il est précisé dans un texte réglementaire que les astreintes font l'objet d'une récupération, sauf pour les DSP.

Un officier -article 10 avec logement NAS- va pouvoir récupérer, à juste titre, ses astreintes ou alimenter tranquillement un Compte-Epargne Temps.

Je trouve donc parfaitement injuste cette disposition réglementaire dissymétrique, voire discriminatoire et je me demande toujours quel justificatif est présenté pour continuer à maintenir une telle règle.

Cette norme doit être modifiée immédiatement.

Madame la Garde des Sceaux,
Madame la Directrice de l'administration pénitentiaire,
Mes très chers collègues,

Bien loin de crier seul dans le vent, je pense refléter ici le sentiment de fatigue, de colère, et d'espérance de la  plupart des DSP encore  présents  dans  le  corps  (vous remarquerez que ce chiffre réduit chaque semaine !!!).

L'hémorragie dénoncée assez vite par les OS de DSP et qui a étonnamment rassuré la DAP initialement, démontre bien (par le non retour de ces cadres à haut potentiel) l'épuisement professionnel  que  de  simples  discours financiers ne sauront soulager.

Si d'autres corps ont vu une revalorisation de leurs statuts et conditions de travail depuis 2007, même au sein du Ministère, pourquoi  méprise-t-on les DSP avec des arguments spécieux du type « perte du dossier de réforme statutaire par la DGAFP ou le cabinet de la GDS», « travail préalable sur les missions du corps »...

→  Cet appel au secours et à  l'indignation doit être  entendu  par  la  DAP,  la GDS, la DGAFP ».

Fresnes, le 18 avril 2014
Un Directeur des Services Pénitentiaires

C'est complet ! Les prisons débordent !

FO DirectionLe 21 mai 2013, les directrices et directeurs des services pénitentiaires donnaient pour la seconde fois l'alerte, pour dénoncer la situation de rupture entre l'Etat de droit et les professionnels de la prison.

Alors que depuis le début de la législature un projet de loi pénale était, selon notre ministre de la justice, censé apporter la réponse idoine aux problématiques du monde carcéral, force est de constater que malgré les bonnes volontés affichées, la situation des Maisons d'Arrêt devient dramatiquement critique.

Depuis septembre, le taux de sur-encombrement ne cesse de croître ! Des directions interrégionales (Paris-Marseille-Toulouse) sont en grande souffrance face à des taux d'occupation records supérieurs à 149 %. Les autres directions interrégionales, qui comptabilisent des moyennes moindres, s'inscrivent, pour autant, en soutien de certaines maisons d'arrêt dont les taux d'occupation peuvent atteindre 178 %, 183 % voire 268 %.

Alors que 2014 devait être l'année de la concrétisation de la règle de l'encellulement individuel, nous ne pourrons que déplorer que le moratoire consacré en 2009 n'était qu'un leurre.

Alors que la France reste un des pays européens qui incarcèrent le moins, il manque à ce jour 11 000 places de détention sur le territoire. Il est aisé de comprendre à quelles difficultés les professionnels pénitentiaires sont confrontés.

Les matelas à même le sol se multiplient et favorisent des incidents aggravés par la promiscuité. Les conditions de détention deviennent contraires à la dignité humaine. Certaines personnes détenues refusant d'être hébergées de la sorte se rebellent et s'exposent à des procédures disciplinaires.

Si l'installation de lits supplémentaires peut légèrement endiguer le recours aux « paillasses », elle n'enraye en rien les limites infra-structurelles des établissements.

Les listes d'attente pour les activités ne cessent de grandir et contribuent au sentiment exacerbé de frustration des personnes incarcérées. Travail, formation professionnelle, centre scolaire, activités culturelles et sportives, autant de secteurs qui contribuent à l'amélioration de la prise en charge et à la prévention de la récidive qui se retrouvent réduits à l'expression de l'exception.

Mais que dire de l'activité des médecins des unités sanitaires pénitentiaires qui ne font que de l'abattage ?

Mais que dire de ces familles qui se retrouvent dans l'impossibilité de réserver un parloir à brève échéance ?

Pendant ce temps, les personnels pénitentiaires toujours moins nombreux se retrouvent démunis et livrés à une bien triste réalité. Trafics en tout genre, coups et violences, heures supplémentaires à la pelle, augmentation des risques psychosociaux. Savez-vous que de moins en moins de candidats se présentent au concours de surveillant pénitentiaire ? Savez-vous que de plus en plus de cadres fuient cette administration qui les oublie et ne les reconnaît pas ? Le signal d'alarme a pourtant été tiré à plusieurs reprises.

Les prisons débordent et la future loi pénale, aussi nécessaire soit-elle, ne pourra résorber cette situation sans une approche pragmatique des capacités d'accueil.

Nous, cadres supérieurs de l'administration pénitentiaire, appelons pour la troisième année consécutive à la prise de conscience politique et sociale de la situation dramatique dans laquelle se trouvent les Prisons françaises. Nous attendons un signal fort et réitérons notre volonté pour que la situation et le rôle de la prison deviennent une priorité nationale et non un prétexte au renoncement.

Chercheurs, contrôleurs, défenseurs, observateurs, chacun y va de son couplet d'incantations. Il est temps maintenant de passer aux actes et de donner au parc pénitentiaire français les moyens qui doivent être les siens.

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons la création d'un secrétariat d’État à la condition pénitentiaire à même d'accompagner l'évolution de la prison.

Monsieur le Premier Ministre, nous attendons que les arbitrages opposant la Garde des Sceaux au Ministre de l'Intérieur en 2013, se traduisent par une véritable prise en considération des problématiques pénitentiaires et plus particulièrement celles de la prison.

Madame la Garde des Sceaux
, nous attendons de notre ministre de la Justice un véritable soutien et l'ouverture d'états généraux. La prison n'est pas incompatible avec la réforme pénale que vous soutenez. Elle est complémentaire.

Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs
, il est de votre devoir de dénoncer les conditions d'accueil de nos prisons et de soutenir les demandes de moyens adaptés pour les établissements pénitentiaires. Nos portes vous sont ouvertes.

Mesdames et Messieurs les magistrats, nous comptons sur votre soutien et votre concours pour relayer la nécessité de disposer d'une prison rénovée et adaptée, au service du justiciable et de la justice.

Nous vous savons sensibles aux conditions d'incarcération et à l'engagement constant des personnels de l'administration pénitentiaire. La Justice se rend pour être exécutée dans les conditions dignes d'une République dont vous êtes les garants.

Mesdames et Messieurs les élu(e)s, des communes, départements et régions hébergeant la prison, nous comptons sur votre emprise territoriale pour placer les établissements pénitentiaires au centre des préoccupations de votre ressort. Non comme une verrue, mais bien comme une entité républicaine qu'il convient d'accompagner.

Citoyens et Citoyennes de ce pays, aucune société démocratique ne peut se passer de la prison. Aidez-nous à combattre les dogmes qui produisent des effets dévastateurs dans le monde pénitentiaire.

Quel que soit votre rôle, votre statut, votre place dans la société française nos difficultés sont vos difficultés.

Après s'être rassemblés le mardi 28 mai 2013, place Vendôme en uniforme, pour exprimer leur malaise profond, les directrices et les directeurs des établissements pénitentiaires, las d'une situation qui n'émeut que lorsqu'elle est portée sur la place publique, n'excluent rien, et certainement pas le fait d'instaurer leur propre numerus clausus !

Ainsi pourrons-nous bientôt lire à l'entrée de nos prisons « COMPLET ».


Le Bureau National


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